Baramamay

Étape 2: baramamay

La baie dont nous avions tant parlé avant d’y aller s’avère être un mouillage sans grand intérêt , très rouleur .

Nous avons passé une mauvaise nuit , secoués par la petite houle sous la lune montante . À l’aube , nous quittons la baie direction Baramamay , le village dans le lit de la rivière. Nous connaissons ce mouillage , l’an dernier , nous avons joué une représentation de Mélodie Solaire et nous sommes curieux de voir comment sera l’accueil , un an après ! Que sont devenus les lampes solaires offertes aux enfants ?

La navigation est courte , c est agréable d’arriver tôt au mouillage .

Cette fois , nous mouillons légèrement en retrait du village qui peut s’avérer très bruyant selon les boutres à l’ancre devant la plage .

Il y a du courant dans le lit de la rivière , le trajet en annexe est pittoresque .

À peine les pieds au sol que nous sommes accueillis par des visages connus.

Daniel, l’instituteur et Ravola , le bibliothécaire sont là pour nous dire très vite que les lampes sont foutues : est ce qu on va rejouer le spectacle mais surtout redonner des lampes ? Nous exprimons notre surprise de savoir toutes les lampes foutues et expliquons à Daniel que ces lampes ont un coût , que l’idée est d’en donner une fois par endroit . Peut être pouvons nous simplement jouer le spectacle sans distribution de solaires ? La balade dans le village est sympathique en compagnie de ravola et Daniel . Nous commandons une natte à la tresseuse du coin , prenons rdv pour le yoga matinal avant de rejoindre notre bateau .

Au soir , le katamaran de Fred , avec ses clients et son marin Lala mouille proche de nous . Salutations au loin , on passera boire un café à son bord demain , après le yoga .

Pour le yoga, nous sommes attendus , de bon matin par Ravola, Daniel et quelques enfants spectateurs. Après la séance, la balade dans le village nous conduit jusqu à la case de Daniel où nous donnons un peu de linge à laver , sa femme propose des services pour les bateaux de passage . Je donne un livre pour enfants à Ravola et sa bibliothèque . Il y a la queue devant les fontaines , le village manque d’eau , il nous faudra aller au village d’en face pour récupérer quelques bidons avant la descente au sud .

Nous passons comme prévu sur le bateau de Fred glaner des infos pour les prochains mouillages . Lala , le sympathique marin me propose d’aller avec lui ramasser des algues pendant que Fred balade ses clients au village . Nous acceptons avec joie , c est justement ces fameuses algues comestibles de la région . Elles poussent dans le sable , au pied de la mangrove , comme de la trainasse . De loin on dirait une pelouse .

Lala nous explique comment les cuisiner pendant la cueillette . Chacun repart avec un bon sac à trier avant de les ébouillanter .

Après la cueillette, c’est l heure des corvées à bord : faire le plein du gasoil (6 bidons de 20 litres à déverser dans la cuve), puis ensuite 120 litres d’eau en bidon à repartir dans les deux réservoirs.de quoi piquer le dos du capitaine !

L’après midi , c est balade au village et en annexe dans la mangrove , visite de l’autre village ( celui où il y a de l l’eau à la fontaine ).

Nous constatons que sans l’attrait des lampes , le spectacle semble crée peu d’intérêt .nous décidons de faire les pleins d’eau avec l’aide d’un jeune le lendemain , de refaire une récolte d’algues puis de reprendre la mer .

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Tawashi

Tawashi

Depuis peu , j’expérimente le tawashi à bord pour laver la vaisselle .

connaissez vous cet objet à faire soi-même pour remplacer les éponges ? C est un principe de tressage d’origine japonaise , utilisant des bandelettes de tissus recyclés ( de type t-shirt ou chaussettes ou encore leggings ) que l’on noue avec ces doigts .

Au début , le tawashi ( j’adore ce nom ) fait maison ressemble a … rien ! Puis , progressivement , le résultat prend une forme s’approchant du modèle du tutoriel vidéo vu sur les réseaux sociaux ! La base avec une boîte et des pinces à linge convient bien à la vie à bord ! Que du matériel déjà utilisé pour autre chose , à terre , une planche avec des clous peut être encore plus efficace .

Quand le tawashi est réussi , il est enfin utilisable pour la vaisselle . La sensation est très différente qu’avec une éponge , le résultat me semble mieux avec le tawashi .

Je déteste les éponges , qui sont à mes yeux de vrais nids à microbe , j’ai tendance à vouloir en changer tout le temps , geste absolument pas écologique. Changer une habitude de ce type « geste usuel quotidien ! » est parfois plus complexe que prévu . À bord , changer la manière de faire la vaisselle prend tout son sens , il faut trouver la solution utilisant le moins d eau possible . Bien sûr , à terre , si vous possédez un lave-vaisselle , ce post est désuet !

Bref , avec de la patience , du temps de libre , chacun de nous peut innover , fabriquer , recycler ses propres déchets textiles et bousculer d’un poil ses habitudes ! Vive l’effet papillon !

En route pour la planète la plus bio , au maximum de mes possibles ! Chaque geste compte si il s’inscrit dans le quotidien ! Une politique d’action personnelle en mode colibris !

Voici la photo de mes tawashis . J’envisage , je dirais mieux , je vais oser en offrir à Noël car j’aime les fabriquer moi même .

Vos avis ? Vos conseils ?

Étape une : îlot bandrele

Étape une :

Après avoir fait les pleins (913 litres d’eau , bidons inclus : 18 euros )au quai de Mamoudzou , nous avons mis le cap vers l’îlot Bandrele . C est un des îles à l’intérieur du grand lagon mahorais , réputé pour les grosses fêtes organisées les week end .la navigation est la suivante : 4 h au pré très serré ( voiles et moteur ), comme souvent le vent dans le nez !

Nous profitons d’un des corps morts du parc marin pour passer la première nuit au mouillage ! Que l îlot semble beau , vu du bateau , avec sa plage de sable blanc , ses cocotiers , ses baobabs et ses poules sauvages !

Après une nuit dans le vent ( fort heureusement les corps morts sont fiables) de bon matin , nous allons sur l’îlot à la rame , une petite houle empêche la mise du moteur sur l’annexe ! Il faut bien contaster que la rame c est moyen !

Une fois à terre , nous découvrons l’after des teuffeurs : des déchets en veut tu en voila , il y a même les restes d’un bar improvisé ! De partout les détritus gâchent l’attrait de l’île !

Bref , nous trouvons un endroit pour dérouler nos tapis de yoga . A pleine salutation : l horreur : un rat passé carrément sur le pied de mimil ! Je crie , il crie , le rat reparte tranquille dans les bosquets . Tant bien que mal , nous poursuivons notre mini séance de yoga , la motivation baisse avec la peur du rat !

Nous abandonnons notre idée d’exploration du coin , pour faire seulement quelques pas sur la plage avant de repartir à la rame rejoindre notre bateau .

Branle bas de combat pour fignoler le cockpit : ponçage et huile de teck seront l’activité du jour !

Nous décidons de partir le lendemain tôt .

Au réveil , le ciel est bien gris , il n’ y’a plus de vent . Nous nous préparons à lever le mouillage quand «  the big grain is coming « .!

Subitement , 28 noeuds a l’anémomètre et la pluie fine accompagne le vent ! Nous voici coincés dans le bateau !pas question de quitter le mouillage sous l’orage !

En ce jour international du yoga , nous ferons deux postures à bord !

Namaste !

Alternateur ou pas

Quand ça commence à délirer car l alternateur est toujours en panne , l’ambiance à bord est au bricolage. À force , ça fait long tout ces temps hors navigation ! Soyons positifs : voyons le bon côté : après ça va été top !

Patience patience et patience .

Le train train à bord suit son cours , on en profite pour aller manger des pizzas avec les potes d autres bateaux , on barge des l Aube pour récupérer un autre alternateur ( qui ne fonctionne pas non plus au grand desespoir du captain qui passes ses journées dans la cale moteur ) je reprend la couture …

Tous ces aléas propres aux bateaux de voyage un peu vieux comme le nôtre font partie du projet et n altère en rien le plaisir que je ressens chaque jour dans notre vie à bord !

J oublie la maison , le potager etc etc …

nos corps raidissent avec le bateau , le yoga est notre base ressourçante autant niveau physique que niveau mental !

J aime Mayotte !

Une après midi en solo au bord du fleuve

J ai bien sillonné le quartier de Trentemoult , son rivage , ses bistrots rococo . À la fraîcheur grise du ciel , je traîne en terrasse sous le chauffage extérieur . J entend les conversations des autres tables qui se mêlent aux bruits des navettes fluviales

Promis je reviendrai me perdre ou encore craquer pour de la dentelle ou pour un chapeau fait main

Tour de France : escale à Reze …

Nous avons pris la route , en circuit lent, à la découverte de la France , avec curiosité .

Brive la Gaillarde , La Rochelle … nos escales d un jour et Reze Trentemoult où il sera possible de rêver plus lentement …

Entre hôtels et logements de type rb’nb , l’alternance nous convient .

J’adore flâner dans de nouvelles villes . Certaines font fleurir mon imagination et le temps d’un instant , c est comme si je vivais la

Ici ou ailleurs …

De plus en plus lent , petite pensée du voyage

Une décroissance enchantée

Souvent , pendant les navigations , j ai cette sensation d’explorer concrètement une décroissance enchantée . Plusieurs paramètres me semblent identiques entre la navigation et le yoga , les deux favorisant une exploration du vide , du lent , de l ‘introspection .

Vivre sur le bateau , avec l’orientation choisie conjointement , est une source de déconnection et de décroissance volontaire . Le superflu disparaît au fil des mois passés à bord .

L’horaire de vie s’accorde avec le soleil , avec la lune , avec le vent .

La nature influe directement sur nos jours , aussi sur nos nuits .

Après plusieurs mois , notre vie est la . Pausee , rythmée par les marées .

Cet isolement de fait ( plus d’internet, pas de téléphone, peu de correspondance. Qu’ il est loin ce temps où les lettres attendaient dans les postes restantes )instaure une autre manière de plonger au présent dans chaque jour qui passe . Lire , écrire , faire la lessive à la main , les corvées du bateau , partir en annexe au village pour le yoga matinal , ou encore cuisiner , jouer de la musique , tout ceci occupe pleinement nos journées sans interférence extérieure . Pas de tv( j avoue : nous regardons parfois un film sur la tablette ) , pas d ‘écran donne une autre sensation de voyage . En fermant les yeux , je pourrai presque me croire au temps des explorateurs du siècle dernier , ceux dont les récits d’aventure nous donne envie de prendre le large !

Jé m’imagine écrivant dans de beaux cahiers , avec quelques croquis .

À chaque escales

Nous avons quelques échanges avec les habitants du village , si il est possible de parler français. Le peu de mots en malgache que je connais sont insuffisants pour une conversation

À chaque mouillage , nous troquons , achetons avec les pêcheurs à s’adaptant à leur offre . Les cadeaux sont très apprécié . Les pirogues passent nous voir à bord selon les marées ,nous avons toujours un moment d’échange après le yoga . Dans chaque village , les gens nous ont accueillis avec bienveillance pour la pratique , sans nous déranger même si de loin , chacun observe , commente . Souvent les enfants refont nos mouvements derrière un arbre ou une pirogue .

Ralentir est un processus en devenir . Lentement , ça bouge nos limites , nos idées, nos valeurs .

Voyager en voilier permet cette richesse de se dire que changer c est avancer , prendre le temps d’expérimenter autre chose que ce que l’on connaît , c est évoluer .

Tranquillement , se débarrasser du superflu pour aller tendrement vers une décroissance enchantée