Le froid de janvier

Prendre le temps de sentir le froid des montagnes est une belle sensation liée à l hiver.j adore la neige et nous avons eu une bonne dose à disposition.

J avoue avoir été un peu paresseuse avec les vœux cette année, l actualité est si négative ….

Voici de belles images de la montagne où nous profitons d un séjour au ski

Et surtout bonne année et la santé , impératif en 2022

La grande traversée

La traversée vers les Seychelles :

J ai pris du temps avant de me dire qu’il fallait décrire cette fameuse traversée , redoutée et réputée difficile ; ce doit être parce que ça l est difficile , même très difficile .

Depuis déjà quelques jours, nous sommes arrivés au chantier nautique ou le bateau est sorti de l’eau , posé sur des béquilles ou cales géantes .

Ouf ! À l’heure du rangement et du grand ménage , je peux revenir avec calme sur cette navigation de 5 jours , et 7 h pour faire Nosy Hara à l’île de Desroches dans l’archipel des amirantes .

Comme souvent , nous avions levé l’ancre tôt le matin , d’ailleurs celle ci était coincée dans une patate de corail , histoire de nous mettre la pression dès le départ ! Après plusieurs discussions , voici la voilure prévue pour passer ce fameux cap d’ambre : 3 ris sur la grande voile , la trinquette et un bout de génois, variable selon l’état de la mer .

Dès le début , l’anémomètre affiche un vent etabli entre 15 et 20 noeuds . Avant le cap , la mer était peu formée mais tout a changé à l’approche de celui- ci :

La mer devient courte à cause de la remontée des fonds , la houle s’amplifie . surtout pour remonter plein nord , il faut partir plein est , donc au pré pour changer et subir 90 degrés de vent et de courant !

C’est à partir de la que ça se corse !il faut tenir le temps de s’éloigner du cap d’ambre . Tenir aussi face à la fatigue , la tension , la reprise du mal de mer pour moi ( même le capitaine a eu le mal de mer un peu plus loin alors que ça ne lui étais pas arrivé depuis 30 ans ! Lui il n a pas vomi ). Les rafales sont puissantes , la nuit , tout s’excite au lieu de se calmer . Nous cherchons le repos dès que possible, veillant l’un après l’autre quand la météo le permet ou restant les deux dans le cock-pit pour enrouler ou dérouler le génois en fonction du temps .

Pourtant , malgré la difficulté selon les jours , nous sommes en sécurité . Nous portons les gilets , pas de manœuvre à l avant sur les 4 premiers jours où la voilure correspondait à la météo , avec des pointes bien corsées à l n’approche du passage près des côtes de providence ( les hauts fonds cassent la mer et le roulis accompagné des grosses rafales sont durs à supporter ). Malgré les vents , les orages , la houle et le courant : il faut tenir. Continuer à vivre au minimum ( se laver les dents , se doucher …), manger aussi au minimum car , comme nous sommes au pré , être à l’intérieur du bateau c est une mission quasi insupportable ! , pas moyen de cuisiner .le menu devient nouilles chinoises ou boites de sardines , de foie de morue . Des biscuits et du thé . Quelques bonbons .

Les nuits sont longues , la lune se lève chaque jour un peu plus tard . Les jours sont chauds , souvent trop ensoleillés , ça brûle , ça chauffe , ça poique avec le sel !

Vers l’île d’Alphonse , le vent chute mais la mer reste hachée . Il faut manœuvrer et relâcher des ris . Bien sûr , ça se passe pas terrible cette maudite manœuvre ! La trinquette gêne pour osciller face au vent , le temps qu’Alain modifie la voilure . C est impressionnant le bruit du vent dans les voiles qui faceillent . Il faudra ensuite reprendre des ris plus tard à la tombée de la nuit . Nous sommes épuisés par les changements de météo.et ces fâcheuses prises de ris ! dans les nombreux grains des deux dernières nuits , nous nous cachons sous la capote, et nous abattons par tranche de 10 à vingt degrés en suivant les modifications rapides liées au grain .Que de stress , que de fatigue ! Nous sommes au bout du rouleau . Il faut tenir encore et encore , faire le dos rond . Heureusement notre bateau est fiable , le pilote barre sans relâche ( sans panne aussi , même si il saute souvent sous les orages ) .tout tient le coup alors nous aussi .

Tout au long de ce jours , de ces nuits , nous avons chacun notre tour des moments de faiblesse , c est la qu il faut compter l’un sur l’autre , savoir se remonter le moral . Toujours un œil sur le bateau et sur l’équipier ! À deux , il est difficile de s’organiser avec des quarts . Dès que le bateau s’emballe , il nous faut être les deux d attaque pour la moindre manœuvre . Alors , dès que possible , on dort chacun notre tour . Ou on rêve à voix haute du super restaurant indien où nous irons dès que nous serons à Victoria. Dans les moments où je veille seule , pendant que le capitaine dort , je laisse mon esprit divaguer avec la mer . Je pense à tous les pirates , corsaires , marins et navigateurs qui connaissent ces sensations particulières , cette notion de rêver a tout ce que l on fera une fois à terre .

Et puis au loin , on la voit cette fameuse île où nous allons mettre l’ancre 48 h et nous reposer . Faire la vaisselle et cuisiner . Jusqu au bout le vent sera changeant , mais c est le dimanche dans l’après midi que nous mouillons enfin à Desroches ! 48 h sans descendre parce qu il n est pas possible de poser les pieds au sol sans visa .

Les journées sont meilleures que les deux nuits où , subitement , le mouillage devient rouleur !

Après ces 48 h , il nous faut reprendre la mer vers Mahe , port victoria .

Il nous a fallu presque 48 h pour arriver à la baie de beau vallon ou encore une fois , nous sommes en mode furtifs ( dans visa ) mais le repos s’impose après ces dernières heures particulièrement éprouvantes . Tout était contre nous , nous avancions lentement vers notre but ! Jusqu’à la fin de la navigation , la météo était malicieuse : vents changeants subitement , grains et orages , mer courte ! Tous les éléments pour nous fatiguer ainsi que le bateau . Ça tire pour ces dernières heures , c est vers 13 h le lendemain que nous arrrivons enfin à port victoria. Les formalités d’entrée sont faites facilement et dans une bonne humeur , après le passage des douanes et de la police à bord , nous nous dirigeons vers Éden . Nous y passons 3 ou 4 jours en attente de la place au chantier ou le bateau sera mis au sec !

Quel voyage ! Quelle aventure ! Il faut un peu de temps pour s en remettre physiquement , nous sommes bien crevés, encore remplis par ce périple .

Cette traversée est à l hauteur de sa réputation : épuisante et difficile ! Nous avons eu de la chance de partir pile dans cette petite fenêtre Météo que nous guettions en amont !

Merci mon capitaine de nous avoir ramené sains et saufs .

Merci la météo .

Merci la vie .

La remontée au nord avant la traversée

La remontée au nord :

Avant de passer le cap d’ambre , nous avons pris 3 jours pour remonter vers le nord , des navigations fatigantes avant de nous mettre en stand by météo a Nosy Hara . C est ici que nous attendons la clémence des vents !

Entre hellville où nous avons fait les formalités de sortie ( en payant des taxes de sortie invraisemblables ; ça sent l’arnaque et la corruption à plein nez mais c est inévitable ) et l’île de Grande Mitsio , il a fallu une douzaine d’heures ( 48 miles nautiques ). La nuit a été agitée , le vent a commencé à monter en début de nuit , c est un peu fatigués par cette première étape que nous avons poursuivi vers la baie de Bestiraka pour une étape de 36 miles nautiques . En fin de parcours le vent a diminué , pour entrer dans la baie , il nous fait aider au moteur et voilà que ce dernier se met à chauffer , l’alarme hurle ! Alain coupe le moteur et nous faisons une arrivée sous voile , bien réussie d’ailleurs . Que de stress ! Bien sûr il n y a pas de réseau , nous utilisons le téléphone satellite pour appeler le mécanicien de nosy be ! Il est tard , les réapparitions vont se poursuivre demain matin tôt ! L’espoir d’une nuit paisible disparaît à la tombée de la nuit ! Voici un de ces mouillages rouleur où le bateau fait yoyo toute la nuit.

Au petite matin ,Alain suit le conseil du mécano . Il nettoie le filtre de la prise à eau de mer qui était bouché par deux pauvres algues. Victoire !

Nous repartons en direction de Nosy Hara . La navigation devient difficile au fil des heures le vent -que nous avons dans le nez- se met à monter en rafales de 25 à 30 noeuds , le pilote ne suit plus . Alain prend la barre , nous avons mis nos gilets et j’avoue avoir bien peur ! Alain tient le bateau , à l aide du moteur , c est seulement pour le mouillage que j aide , comme toutes les autres fois ; Alain affale la trinquette et la grand voile pendant que je barre pour maintenir le bateau bout au vent . Avec les rafales , c est moins évident que par petit temps . Quand je ralentis le moteur au moment où Alain est à l’avant occupe à mettre l’ancre au guindeau manuel , l’alarme se déclenche mais moins fort ! C est sûr que le moteur chauffe encore un peu ! Que de stress !

Ca fait du bien de s’arrêter ( stop de 48 h ) et de se reposer avant de partir pour les 6 jours de mer prévu avant les Seychelles !

Ici le bateau se met dans le lit du vent , nous passons une très bonne nuit . Les deux jours sont là pour un repos maximum , le rangement du bateau en vue de la traversée se fait tranquillement . Je cuisine de bons petits plats ! Bref c est le stand by météo ! Nous attendons la clémence des vents devant cette île magnifique sans mettre l’annexe à l’eau .

Je regrette d’avoir ce bobo au pied qui m’empêche de me baigner quand je vois la clarté de l eau ! Bien à l’abri , nous profitons du calme avant la grande traversée .

À l heure ou je poste cet article , nous sommes déjà aux Seychelles sains et saufs après une traversée difficile !

Réflexions sur mada

Quitter Mada

C’est avec un pincement au cœur que je quitte Madagascar . Depuis que je vis à la réunion , j’ai passé du temps dans cette île magnifique , à terre où en mer , en vacances ou en résidence de travail . Je reste mitigée face à ce pays si pauvre , qui semble devenir chaque année de plus en plus pauvre , de plus en plus corrompu . Même si les gens sont pacifiques et souriants , la misère prend à la gorge , spécialement la condition de vie des femmes , des enfants .

La jeunesse de la population surprend au premier regard puis on réalise qu il y a peu de personnes âgées , que tous ces jeunes ont souvent faim , que leur avenir est limité .

Toutes ces très jeunes filles avec de vieux vahaza s , ça me fend le cœur .

Alors je rêve d’un monde meilleur . De pays sans pauvres , de jeunes femmes libres et éduquées !

Même en brousse , ces jeunes font des kilomètres en pirogue pour venir demander un cadeau . Donne moi un pantalon , du pain , du sucre , des palmes , un t-shirt , un râpala , du fil de pêche ou encore de l argent ! Voici ce que l on entend à l’arrivée des pirogues .

De ces escales proches de ces coins désertiques , nous voyons une pauvreté où les gens vivent avec rien , se nourrissent mal ( du riz. Des miettes de poissons … quelques rares fruits ) en cuisinant au charbon de bois , la déforestation est visible sur toutes les collines de la grande île ou des îlots qui longent les côtes .

Comment aider autant de monde ? On se sent impuissants , même si nous avons largement donné de tout en passant de la robe aux jumelles , du matériel de pêche aux biscuits , des bouteilles vides aux palmes !

Veloma mada , île si belle et pourtant si cruelle avec ses habitants !

A l heure ou je poste cet article nous sommes arrivés aux Seychelles après une traversee éprouvante ! Enfin à terre !

Et puis … partir

Remonter au nord , partir !

Cela fait déjà une semaine que nous sommes à la marina à préparer le bateau pour la traversée . Demain , nous irons à hellville pour les formalités de départ et nous remonterons vers le nord de Madagascar en direction de la dernière baie avant le cap d’ambre . C est de cette baie que nous commencerons la traversée pour les Seychelles . Les premières heures près du cap promettent d’être musclées entre vent et vagues !

À partir de demain soir , nous ne descendrons pas du bateau avant l’arrivée à Mahe !

Les 5 premiers jours , chaque nuit sera passée au mouillage , puis il nous faudra en 4 et 6 jours selon le vent pour atteindre notre but !

Nous sommes prêts , il est temps de dire «  veloma Madagascar ».

Étape 5 : baie de moramba

Nous avons levé l’ancre très tôt pour entamer une longue navigation en direction de la baie de Moramba . Dès le départ , nous avons un bon petit vent , au portant . Alain s’amuse à barrer un peu , les conditions sont idéales . Je prend la barre également mais le vent se met à monter . Nous avons failli partir au loft deux fois . Nous avons tout dehors , génois , trinquette et grand voile , même en roulant le génois le bateau est bien trop ardent , Alain décide de prendre un ri . J’ai peur de cette manœuvre , pourtant , avec l’aide du moteur , tout se passe bien . Nous avançons très vite même avec un ri .

À l’approche de la baie , nous sommes au pré et les vagues sont contre nous , le vent a tourné . La baie est immense , les grosses roches sont impressionnantes avec leur baobabs dressés sur les flancs . Le vent reste fort même pendant la nuit au mouillage

L’endroit est magnifique même si les conditions météos ne sont pas idéales , nous profitons d’une accalmie pour nous balader un peu avec le canoë . Depuis le début du périple , l’annexe est restée sur le pont .

Dans la journée , un autre voilier vient mouiller près du nôtre . Après une autre nuit de repos , nous décidons de repartir et de commencer notre remontée vers le nord . Ça fait plus de 3 semaines que nous naviguons presque chaque jour et la fatigue se fait sentir . Que de beaux paysages , de belles escales pour nous en mettre pleins les yeux .

Pourtant il est temps de revenir sur nos pas et de nous préparer pour la traversée vers les Seychelles . En deux jours , nous arrivons baie des russes pour un bon repos , puis c est à la marina de Cratere que se termine cette balade . Il est temps de faire les pleins et de veiller une bonne fenêtre météo pour le départ !

Étape 4

Étape 4: de Analalava à Antsohihy en remontant la rivière

Un départ à l’aube nous a permis de faire escale à Analalava à mi marée pour un ravitaillement rapide en légumes. Il y a peu de choix au petit marché local, bananes et mangues vertes , bredes , tomates , oignons , patates douces , la base quoi .

La marée est encore basse à notre retour à bord, après la marche dans l’unique rue de sable du village . Il faut attendre la marée montante pour repartir en direction de l’embouchure de la rivière et remonter son lit à la marée montante .

Ici la mer se retire en laissant de grands bancs de sable , avoir un dériveur évite bien des frayeurs ! Pourtant , nous avons failli beacher sans le vouloir vraiment et dès que la mer a amorcé la remontée , nous avons repris la navigation pour nous engouffrer dans la riviere, avec voile et moteur , en mode fifty ! Quel changement de navigation , je suis à la barre , la sensation est différente qu’en mer , les courants sont puissants. Les berges sont plus ou moins éloignées , c est magique de naviguer ainsi . Nous ne croisons plus que des pirogues presque toutes à rame . Au fur et à mesure , nous découvrons les villages qui bordent le fleuve . À la tombée du jour , nous décidons de faire étape dans un des lacs naturels de la rivière . La navigation a été prenante , demandant une bonne attention car les fonds varient de 80 m à 3 m en un rien de temps . Il faut surveiller le sondeur en permanence tout en suivant la trace sur le logiciel de navigation mais la rivière est très mal cartographiee , les indications sont parfois obsoletes . Heureusement que nous suivons la trace de l’ami Fred des seychelles ; il a remonté cette rivière à plusieurs reprises avec son kata à moteur .

La nuit , nous entendons le courant frémir sur la coque , c est particulier . La splendeur des paysages nous éblouit de jour ou de nuit .il nous faudra plusieurs marées ( on navigue le temps de la montante ) pour arriver à Antsohihy , la grosse bourgade de brousse , le bout de la rivière où nous faisons étape . Depuis notre départ de Baramamay , nous avons navigue chaque jour . Les sensations en rivière sont très différentes , les courants poussent et il faut veiller les fonds ! Deux fois nous avons fait demi tour pour ne pas toucher !

À Antsohihy , c est le jour du marché : le zoma ! Que de beaux légumes ! Je profite pour renouveler notre base de bassines !

Pour rejoindre l’océan , nous revenons sur nos pas en une seule fois , les horaires de marées sont en notre faveur !

Le mouillage d’une nuit à Analalava s’avère peu confortable ! Demain direction baie de moramba !

Ps : je raconte nos aventures en décalage ! Depuis nous sommes bien sûr revenus à la marina et déjà en pleins préparatifs pour la traversée mada- Seychelles !

Étape 3 : Nosy lava

Étape 3 : Nosy Lava

La navigation entre baramamay et la baie où nous faisons étape une seule nuit est sans grand intérêt.peu de vent , du moteur , une baie à patates de corail mais un mouillage correct .nous passons une bonne nuit avant de repartir au lever du jour pour nosy lava . Le vent pointe son nez en fin de navigation , plus nous descendons , plus nous trouvons le vent .

Nosy lava est une île sauvage , aride , escarpée , isolée .

Cette île a été un bagne au temps de la colonie .nous cherchons la baie la plus abritée possible du vent pour mouiller. De loin , une énorme croix de pierre se dresse. Un seul autre bateau est au mouillage mais bien éloigné du nôtre . Quelques pirogues à voiles rentrent au coucher du soleil . Il y a plusieurs baies . L’exploration de l’île est prévue pour le lendemain .

C est de bonne heure que nous partons avec le canoë accoste la plage la plus proche du bateau .a pied , nous nous dirigeons d’abord vers une sorte de chemin de crête , en hauteur , mais nous revenons sur nos pas car le trajet pour accéder à l’autre immense baie semble très long .

Le soleil tape fort, nous allons vers le centre de l’île à travers la savane avant de nous retrouver sur un petit chemin coupant les hautes herbes sèches . Nous arrivons enfin au point de vue donnant sur la grande baie où de loin , nous apercevons deux pêcheurs sur la grande plage de sable blanc ainsi que des ruines sous les arbres , en retrait de la plage , vers l’intérieur de l’île. Il est aisé d’imaginer l’arrivée des navires et des prisonniers grâce à des restes d’une jetée de pierres . Aux abords des ruines de la prison , l’atmosphère est lourde de mémoire sombre . Toutes les boiseries des fenêtres et portes ont été pillées après la fermeture du bagne. Seules les pierres gardent l’empreinte de ce passe sinistre . La nature a envahi les ruines, les racines et lianes grimpent sur les vestiges du bâtiment pénitentiaire . Ici , on reconnaît les restes de la maison du maître , plus loin , ce sont les cellules , cachots et latrines . Un vestige de chapelle se situe près d’une grand bâtisse de type réfectoire . En visitant ces ruines , on pourrait se croire quelques siècles en arrière .

En longeant la plage sur le chemin du retour , nous observons quelques pirogues filées avec la brise vers d autres baies. Cette grande île longue cache dans ses recoins au moins deux ou trois villages éloignés des récifs , enfoncés au creu des collines . On entend au loin des voies d’enfants et le bêlement des chèvres .

À notre passage près de la mangrove , nous récoltons à nouveau de belles algues avant de reprendre la marche dans la savane pour rejoindre la petite baie où mouille notre bateau . Quelle belle promenade ! Une fois à bord , une balade avec palmes et tuba vient clôturer nos activités extérieures du jour . Nous préparons le bateau pour la navigation du lendemain.

Quand nous quittons Nosy Lava à l’aube , je me dis que cette île spéciale aurait mérité un arrêt plus long mais notre périple est programmé sur une durée non élastique .

Prochaine étape : la rivière !

Partir vers l ouest et le sud

Partir vers l ouest

Étape une

Après avoir fait tous les pleins à nosy be , nous retournons à la baie des russes le 7 sept , à notre bord , nos passagères malgaches dorment tout le trajet .

La baie des russes est le point de départ pour notre descente de la côte ouest malgache , un beau périple en vue avec au menu de belles heures de navigations .

Nous avons réserver pour une nuit un bungalow chez André ( l’autrichien ) et sa femme Voula. Ils tiennent ensemble un gîte , offrant la possibilité du bungalow , de bons repas mais aussi une épicerie un peu mieux achalandée que les autres de la baie .

Andre fait aussi un très bon pain au sesame que nous avons également commandé .

Dans la baie , c est avec plaisir que nous retrouvons les amis du bateau Chuligi . Nous prenons l’apéro avec eux , Marcel vient pratiquer le yoga avec nous , je fais découvrir le village à Joanna qui m’offre une jolie robe pour mon anniversaire. J adore porter les vêtements des autres , ils donnent une autre option que ce que j aurai choisi moi même.

Nous fêtons mon anniversaire au gîte avant de reprendre la mer , direction la petite baie d’après. Ce sera l’occasion de découvrir un autre mouillage .

Portraits en forme d esquisse

Portraits en forme d’esquisse

Ce que j’aime avec le voyage en bateau , c’est rester quelque part suffisamment longtemps pour créer un lien avec les personnes que le soit-disant hasard a mis sur notre route .

Cela fait plusieurs fois que nous passons à la baie des russes mais c est la première fois que nous restons aussi longtemps .

Clarita tient une gargote dans laquelle elle vend du pain et des brioches qu’elle fait elle même chaque jour sur son fatapere ( petit réchaud à charbon utilisé de partout à Madagascar … d’où l’énorme traffic de charbon de bois, responsable de la déforestation ). Elle vend un peu de tout , de la banane , des œufs frais en passant par les piles ou le café . Clarita propose ses services aux bateaux de passage ( vente et cuisine du canard local élevé exprès pour revendre aux touristes , lessive , etc etc ). Elle vit dans sa boutique près des pêcheurs , avec son bébé aira , une jolie petite fille bien dodue . Comme de nombreuses jeunes femmes malgaches, Clarita à un fils aîné qui habite loin d’elle , chez sa mère , dans la province au dessus de tamatave , près de Sambava . Le mari de Clarita est souvent absent , il part pêcher ou vendre sa pêche ( ainsi que du charbon ) en ville . Elle gère bien sa gargote , sans vendre d’alcool au détail , la petite est la , assise sur une natte avec les canards , près de la cuisine extérieure , sous l’arbre .

Mama be tient la boutique au milieu de la baie . Elle voit les choses en grand et mène de main ferme la construction d’une discothèque et d’un restaurant près de sa boutique où les jeunes viennent écouter la sono dissonante qui crie du ragga ou encore les tubes malgaches .

Beaucoup d’hommes viennent boire ici , ils tombent ivres au milieu des canards .

Mama be vend aussi du Kat . Elle en impose avec son sourire aux dents en or !

Clorentida est femme de pêcheur. Elle mène sa pirogue à rames seule ou avec l’un de ses enfants en bas âge. Elle rame énergiquement en direction des voiliers pour vendre calmars , miel, bananes ou confiture de papayes qu’elle fait elle même .

Clorentida habite un peu à la baie des russes ( souvent sans les deux petits gars qu’elle fait écoper à l’avant de sa pirogue ) et un peu à kismani , une autre baie . Pour passer d’une baie à l autre , elle navigue avec son mari dans une grande pirogue à voile . Nous l’avons croisé à plusieurs reprises avec son beau sourire , nous lui avons acheté de la confiture , des fruits , du crabe. Elle porte souvent les vêtements que je lui ai donné et ça me fait plaisir de la voir arriver de loin avec mes fringues sur le dos !

Pour mon anniversaire , elle m’a offert du calamar encore vivant avant de repartir à kismani .

Brillantine Anzette est la très jeune femme de Salim. Elle tient sa boutique quand il part pour plusieurs jours en mer. Anzette a deux enfants: William qui vit chez tantine à hellville mais qui est la pour les vacances et la jolie marie Annick , un bébé espiègle et rieur qu’elle a eu avec Salim l’Annee de ses 20 ans .

Dans la boutique de Salim , tenue par Anzette , il y a des oignons et des tomates comme de partout ailleurs , mais il y a surtout du rhum vendu à la dose , de la menthe fraîche et du Moringa .

Anzette et bébé marie Annick ont été nos passagères aller et retour baie des russes Cratere . Elles ont dormi paisibles dans la cabine à l’aller comme au retour . C’était un plaisir de rendre service .