La remontée au nord avant la traversée

La remontée au nord :

Avant de passer le cap d’ambre , nous avons pris 3 jours pour remonter vers le nord , des navigations fatigantes avant de nous mettre en stand by météo a Nosy Hara . C est ici que nous attendons la clémence des vents !

Entre hellville où nous avons fait les formalités de sortie ( en payant des taxes de sortie invraisemblables ; ça sent l’arnaque et la corruption à plein nez mais c est inévitable ) et l’île de Grande Mitsio , il a fallu une douzaine d’heures ( 48 miles nautiques ). La nuit a été agitée , le vent a commencé à monter en début de nuit , c est un peu fatigués par cette première étape que nous avons poursuivi vers la baie de Bestiraka pour une étape de 36 miles nautiques . En fin de parcours le vent a diminué , pour entrer dans la baie , il nous fait aider au moteur et voilà que ce dernier se met à chauffer , l’alarme hurle ! Alain coupe le moteur et nous faisons une arrivée sous voile , bien réussie d’ailleurs . Que de stress ! Bien sûr il n y a pas de réseau , nous utilisons le téléphone satellite pour appeler le mécanicien de nosy be ! Il est tard , les réapparitions vont se poursuivre demain matin tôt ! L’espoir d’une nuit paisible disparaît à la tombée de la nuit ! Voici un de ces mouillages rouleur où le bateau fait yoyo toute la nuit.

Au petite matin ,Alain suit le conseil du mécano . Il nettoie le filtre de la prise à eau de mer qui était bouché par deux pauvres algues. Victoire !

Nous repartons en direction de Nosy Hara . La navigation devient difficile au fil des heures le vent -que nous avons dans le nez- se met à monter en rafales de 25 à 30 noeuds , le pilote ne suit plus . Alain prend la barre , nous avons mis nos gilets et j’avoue avoir bien peur ! Alain tient le bateau , à l aide du moteur , c est seulement pour le mouillage que j aide , comme toutes les autres fois ; Alain affale la trinquette et la grand voile pendant que je barre pour maintenir le bateau bout au vent . Avec les rafales , c est moins évident que par petit temps . Quand je ralentis le moteur au moment où Alain est à l’avant occupe à mettre l’ancre au guindeau manuel , l’alarme se déclenche mais moins fort ! C est sûr que le moteur chauffe encore un peu ! Que de stress !

Ca fait du bien de s’arrêter ( stop de 48 h ) et de se reposer avant de partir pour les 6 jours de mer prévu avant les Seychelles !

Ici le bateau se met dans le lit du vent , nous passons une très bonne nuit . Les deux jours sont là pour un repos maximum , le rangement du bateau en vue de la traversée se fait tranquillement . Je cuisine de bons petits plats ! Bref c est le stand by météo ! Nous attendons la clémence des vents devant cette île magnifique sans mettre l’annexe à l’eau .

Je regrette d’avoir ce bobo au pied qui m’empêche de me baigner quand je vois la clarté de l eau ! Bien à l’abri , nous profitons du calme avant la grande traversée .

À l heure ou je poste cet article , nous sommes déjà aux Seychelles sains et saufs après une traversée difficile !

Réflexions sur mada

Quitter Mada

C’est avec un pincement au cœur que je quitte Madagascar . Depuis que je vis à la réunion , j’ai passé du temps dans cette île magnifique , à terre où en mer , en vacances ou en résidence de travail . Je reste mitigée face à ce pays si pauvre , qui semble devenir chaque année de plus en plus pauvre , de plus en plus corrompu . Même si les gens sont pacifiques et souriants , la misère prend à la gorge , spécialement la condition de vie des femmes , des enfants .

La jeunesse de la population surprend au premier regard puis on réalise qu il y a peu de personnes âgées , que tous ces jeunes ont souvent faim , que leur avenir est limité .

Toutes ces très jeunes filles avec de vieux vahaza s , ça me fend le cœur .

Alors je rêve d’un monde meilleur . De pays sans pauvres , de jeunes femmes libres et éduquées !

Même en brousse , ces jeunes font des kilomètres en pirogue pour venir demander un cadeau . Donne moi un pantalon , du pain , du sucre , des palmes , un t-shirt , un râpala , du fil de pêche ou encore de l argent ! Voici ce que l on entend à l’arrivée des pirogues .

De ces escales proches de ces coins désertiques , nous voyons une pauvreté où les gens vivent avec rien , se nourrissent mal ( du riz. Des miettes de poissons … quelques rares fruits ) en cuisinant au charbon de bois , la déforestation est visible sur toutes les collines de la grande île ou des îlots qui longent les côtes .

Comment aider autant de monde ? On se sent impuissants , même si nous avons largement donné de tout en passant de la robe aux jumelles , du matériel de pêche aux biscuits , des bouteilles vides aux palmes !

Veloma mada , île si belle et pourtant si cruelle avec ses habitants !

A l heure ou je poste cet article nous sommes arrivés aux Seychelles après une traversee éprouvante ! Enfin à terre !

Et puis … partir

Remonter au nord , partir !

Cela fait déjà une semaine que nous sommes à la marina à préparer le bateau pour la traversée . Demain , nous irons à hellville pour les formalités de départ et nous remonterons vers le nord de Madagascar en direction de la dernière baie avant le cap d’ambre . C est de cette baie que nous commencerons la traversée pour les Seychelles . Les premières heures près du cap promettent d’être musclées entre vent et vagues !

À partir de demain soir , nous ne descendrons pas du bateau avant l’arrivée à Mahe !

Les 5 premiers jours , chaque nuit sera passée au mouillage , puis il nous faudra en 4 et 6 jours selon le vent pour atteindre notre but !

Nous sommes prêts , il est temps de dire «  veloma Madagascar ».

Étape 5 : baie de moramba

Nous avons levé l’ancre très tôt pour entamer une longue navigation en direction de la baie de Moramba . Dès le départ , nous avons un bon petit vent , au portant . Alain s’amuse à barrer un peu , les conditions sont idéales . Je prend la barre également mais le vent se met à monter . Nous avons failli partir au loft deux fois . Nous avons tout dehors , génois , trinquette et grand voile , même en roulant le génois le bateau est bien trop ardent , Alain décide de prendre un ri . J’ai peur de cette manœuvre , pourtant , avec l’aide du moteur , tout se passe bien . Nous avançons très vite même avec un ri .

À l’approche de la baie , nous sommes au pré et les vagues sont contre nous , le vent a tourné . La baie est immense , les grosses roches sont impressionnantes avec leur baobabs dressés sur les flancs . Le vent reste fort même pendant la nuit au mouillage

L’endroit est magnifique même si les conditions météos ne sont pas idéales , nous profitons d’une accalmie pour nous balader un peu avec le canoë . Depuis le début du périple , l’annexe est restée sur le pont .

Dans la journée , un autre voilier vient mouiller près du nôtre . Après une autre nuit de repos , nous décidons de repartir et de commencer notre remontée vers le nord . Ça fait plus de 3 semaines que nous naviguons presque chaque jour et la fatigue se fait sentir . Que de beaux paysages , de belles escales pour nous en mettre pleins les yeux .

Pourtant il est temps de revenir sur nos pas et de nous préparer pour la traversée vers les Seychelles . En deux jours , nous arrivons baie des russes pour un bon repos , puis c est à la marina de Cratere que se termine cette balade . Il est temps de faire les pleins et de veiller une bonne fenêtre météo pour le départ !

Étape 4

Étape 4: de Analalava à Antsohihy en remontant la rivière

Un départ à l’aube nous a permis de faire escale à Analalava à mi marée pour un ravitaillement rapide en légumes. Il y a peu de choix au petit marché local, bananes et mangues vertes , bredes , tomates , oignons , patates douces , la base quoi .

La marée est encore basse à notre retour à bord, après la marche dans l’unique rue de sable du village . Il faut attendre la marée montante pour repartir en direction de l’embouchure de la rivière et remonter son lit à la marée montante .

Ici la mer se retire en laissant de grands bancs de sable , avoir un dériveur évite bien des frayeurs ! Pourtant , nous avons failli beacher sans le vouloir vraiment et dès que la mer a amorcé la remontée , nous avons repris la navigation pour nous engouffrer dans la riviere, avec voile et moteur , en mode fifty ! Quel changement de navigation , je suis à la barre , la sensation est différente qu’en mer , les courants sont puissants. Les berges sont plus ou moins éloignées , c est magique de naviguer ainsi . Nous ne croisons plus que des pirogues presque toutes à rame . Au fur et à mesure , nous découvrons les villages qui bordent le fleuve . À la tombée du jour , nous décidons de faire étape dans un des lacs naturels de la rivière . La navigation a été prenante , demandant une bonne attention car les fonds varient de 80 m à 3 m en un rien de temps . Il faut surveiller le sondeur en permanence tout en suivant la trace sur le logiciel de navigation mais la rivière est très mal cartographiee , les indications sont parfois obsoletes . Heureusement que nous suivons la trace de l’ami Fred des seychelles ; il a remonté cette rivière à plusieurs reprises avec son kata à moteur .

La nuit , nous entendons le courant frémir sur la coque , c est particulier . La splendeur des paysages nous éblouit de jour ou de nuit .il nous faudra plusieurs marées ( on navigue le temps de la montante ) pour arriver à Antsohihy , la grosse bourgade de brousse , le bout de la rivière où nous faisons étape . Depuis notre départ de Baramamay , nous avons navigue chaque jour . Les sensations en rivière sont très différentes , les courants poussent et il faut veiller les fonds ! Deux fois nous avons fait demi tour pour ne pas toucher !

À Antsohihy , c est le jour du marché : le zoma ! Que de beaux légumes ! Je profite pour renouveler notre base de bassines !

Pour rejoindre l’océan , nous revenons sur nos pas en une seule fois , les horaires de marées sont en notre faveur !

Le mouillage d’une nuit à Analalava s’avère peu confortable ! Demain direction baie de moramba !

Ps : je raconte nos aventures en décalage ! Depuis nous sommes bien sûr revenus à la marina et déjà en pleins préparatifs pour la traversée mada- Seychelles !