Ca bricole

L alternateur est … en réparation !

Nous avons quitté notre petit îlot comme prévu le mardi . Tôt le matin , nous voici prêts pour la navigation retour en direction de petite terre . Tout commence bien , nous quittons le corps mort avec la grande voile à poste, manœuvre bien réussie mais à peine au cap ( c est à dire au près bien serré ) une alarme vient stresser tout le monde . En plus le moteur chauffe . Alain coupe tout et nous tirons des bords carré pendant que ça refroidit . Il est bien contrarié par cette nouvelle panne , déjà que les batteries font n importe quoi ! Bref , je reste à la barre , pas question de mettre le pilote , vu les batteries !

Nous virons 3 ou 4 fois de bord , Alain va à l avant si besoin. chaque fois , il faut enrouler le génois puis une fois vire le déroulé à nouveau . Les manœuvres sont fatigantes , Alain s affére aux voiles et je barre ! Le soleil poique , sans Bimini , il faut se couvrir pour lui échapper . À tirer des bords carrés , nous avançons lentement .

Alain s inquiète pour le moteur , puis il y retourne ! Il finit par couper l alternateur ce qui supprime l alarme mais empêche nos pauvres batteries de charger . La navigation reprend au près avec grande voile et moteur . Nous arrivons en début d après midi . J ai barre 4 h d affilée en y prenant un certain plaisir et surtout en me sentant à l aise . Nous retrouvons notre place au mouillage , à l ancre , dans les quartiers nords comme on dit ici .

La pizza du soir avec des copains de passage est la bienvenue .

Le passage à l ‘ achm permet d avoir des contacts pour réparer l alternateur , confirmer le rdv avec le mécano pour une première visite afin de lister les tâches … bref , nous allons rester bloqués quelques jours avant de reprendre la mer .

À bord ou à terre, les activités sont variées : bricolage, ponçage , cuisine , entretien , courses , lessive etc etc .

Tout le monde sur le pont des l Aube et en avant la bricole !

Enfin au mouillage

Enfin au mouillage !

Et puis , nous voilà enfin prêts à bouger . Premier objectif : faire le plein d eau au quai de Mamoudzou !

Il est clair qu après 8 mois sans la moindre navigation , il faut bien revoir toutes les bases pour réussir les manœuvres ! Le bateau a besoin d un carénage , il est lourd à la manœuvre . Nous sommes si contents d être sur l eau . Le trajet est court entre petite terre et grande terre , on peut dérouler le génois et couper le moteur tout en restant à bonne distance des barges . Petite traversee qui a l honneur de débuter nos pérégrinations marines ! Manœuvre d accostage réussie ! Youpi ! C est Alain qui saute sur le quai pendant que je reste à la barre …

pendant que les cuves se remplissent lentement , je vais faire les achats de légumes au marché ! Y a pas grand chose , mais c est déjà pas mal .

De retour à bord , j aide Alain à remplir aussi les bidons pour la vaisselle et ceux de réserve ( 120 l ) . Un coup de jet sur le pont avant de grignoter au camion blanc et c est reparti pour les courses à deux au petit supermarché local . On achète également une tente au cas où …

Nous voici prêts à partir dans un coin peinard loin du bruit des barges et des véhicules !

L option choisie est de mouiller au rocher surnommé Mitterrand , près de petite terre , il est déjà tard pour se rendre à l îlot sur lequel nous fantasmons depuis 3 jours . Il faut une bonne visibilité pour approcher et éviter les patates de corail .

En approchant le rocher Mitterand , nous découvrons un corps – mort , installé depuis peu ( l an dernier il n y était pas ) par le parc marin de Mayotte . Quelle aubaine ! Ça évite beaucoup d effort d être au corps mort mais nécessite une bonne arrivée pour le choper avec la gaffe .

Alain est à l avant avec la gaffe , je suis à la barre , les indications par geste sont nos outils de communication , bien gérer la vitesse ,et bondir pour aider une fois au point mort … on se redit ce qu il faut faire avant qu Alain parte à l avant ! Yes ! Manœuvre réussie ! Ces gestes qui sont le lot de chaque paire de navigants sont à exécuter avec précision et concentration .

Il y a du vent mais peu de houle , c est une sensation bizarre d être accrochés en plein vent .

Peu de temps après nous , un autre voilier s approche du deuxième corps mort . Ils arrivent trop vite , avec voile et moteur , repartent bredouilles . En les voyant loupé la manœuvre , je comprend pourquoi le capitaine a félicité son bosco !

Tot le matin , nous quittons ce mouillage pour profiter du vent ( entre 15 et 17 noeuds ) et nous nous dirigeons vers l îlot !

Le génois sera notre choix , la grande voile sera pour la prochaine navigation ! Tout fonctionne même si le bateau est lourd ! Il a vraiment besoin d être Carrener .

Nous arrivons avant midi à l îlot et la manœuvre du corps mort est réussie ! On voit bien les patates de corail à éviter ! Le parc marin de Mayotte a bien fait de mettre à disposition tous ces corps morts ( deux sortes : pour les petits et pour les gros … ) ça évite de bousiller les fonds coralliens avec les ancres ! Nous avons constaté aussi du progrès sur le nettoyage des plages ( pourtant c est triste de voir chaque jour tout ces déchets plastiques atterrirent sur les plages ou même flotter ..) Mayotte à grand besoin de ces progrès pour maintenir en vie ce sublime lagon !

Et le temps passe autrement une fois seuls au monde ou presque ; car l îlot est visité le week end surtout par des bateaux à moteur remplis de touristes . Ils font escale pour piquer niquer ou plonger en apnée . Quelques pirogues de pêcheurs viennent sur la plage en fonction des marées , la plupart ont des moteurs , aucune n à de voile alors que le vent est bien présent en cette saison. Les pirogues plus rustiques sont celles des clandestins vivant dans des conditions précaires loin de la ville .

4 jours avec ce rythme bien à nous : levés tôt couchés tôt , bricolage a bord selon les heures , Grattage de la coque en apnée pour Alain et préparation du pain pour moi , cuisine et ménage , lecture , yoga , et tralalas !

Que du bonheur !

Chaque jour qui passe nous rapproche du départ

Chaque jour qui passe nous approche du départ …

C’est certainement le lot de tous les couples qui préparent leur bateau pour le départ que de faire fasse à une série de pannes ou contretemps lors de la reprise en main du bateau .

Ca passe par la pénurie de gaz sur l île ( qui tombe pile quand la notre est vide ) a la panne de moteur , au changement de place du bateau tellement il nous roulait en réponse a la barge , on frotte la coque en annexe , et puis quand c est calme , on en profite pour mettre les voiles à poste !

Bref ? Ça avance ! À chaque jour suffit sa peine ! En une dizaine de jours , nous voici bronzés , en rythme avec le soleil et la lune ; nos journées défilent avec une grande activité matinale . Nous avons retrouvé avec plaisir le gros baobab du fare pour notre pratique de yoga , les commerces locaux ou l on achète ce que l on peut , la marche le long du boulevard des crabes , les copains qui vivent ici à terre ou sur leurs voiliers .

Chacun de nous progresse vers l’autonomie bricoleuse :

Exemple : Alain s affaire dans le moteur ou dans la remise en route des toilettes ! ( un détail qui a son importance )

J ai enfin réussi à utiliser une application météo marine !

Yeahhh chaque petite victoire compte !

Bientôt , nous serons prêts pour partir en mode Robinson même si nous apprécions ce nouveau mouillage dans les quartiers nords comme on dit par ici .

Bientôt les pleins d eaux seront faits et hop !

J’avais déjà une grande émotion à reprendre la barre pour le changement de mouillage alors c est avec impatience que nous nous activons pour voguer bientôt sur les flots

Retour à bord

Retour à bord de cuba libre 6

C est avec 63 kilos de bagages supplémentaires que nous débarquons à Mayotte , petite terre , impatients de retrouver notre gros bébé . Des l’ arrivée , nous sommes en terrain connu. Nous rejoignons rapidement l ACHM ( marina de Mayotte en version associative ) grâce aux taxis collectifs qui desservent petite terre . Nous laissons une bonne partie de nos bagages dans le local associatif pour profiter d un transfert avec l annexe d un copain ( papey) pour rejoindre notre bateau avec déjà deux grosses valises et deux sacs à dos .

Que d ´emotion de le voir au loin. Les larmes aux yeux , le capitaine ouvre la porte ! Tout semble en ordre ! Dans la foulée , nous mettons l’annexe à l eau entre deux passages de barge . Je commence à vider les bagages pendant que le capitaine prépare le petit moteur de l’annexe . Il fait très chaud , notre bateau est toujours aussi rouleur , je sens bien que ça bouge !

Et voilà que ça commence : panne du moteur hors bord ! À peine à bord qu il faut commencer à réparer ! Bravo capitaine , la réparation de fortune tiendra bien jusqu au rachat du robinet et nous pouvons débarquer , prendre la douche à l’ACHM , saluer les copains des autres voiliers .

À la tombée de la nuit , nous rejoignons cuba libre 6 pour le premier dinner dans le carré . Et personne ne se fait prier pour aller au lit !

Deuxième jour : lever de bonne heure pour un mini yoga , nous ramenons le reste de nos bagages et le déballage / rangement se poursuit tranquillement . Après une sieste méritée ( impossible de rester sous le soleil aux heures chaudes, Mayotte est moite !) le capitaine décide de démarrer le gros moteur du gros bateau et bim ! Grosse fuite ! Le collecteur d échappement d eau de mer est percé ! Il faut écoper et surtout ne plus utiliser le moteur ! Ça tombe mal car nous devons libérer le corps mort ! Un vent de panique souffle pour quelques heures mais à l’ ACHM , l entraide des marins vient rassurer et suggérer des solutions . Huile de coude , transpirations , sueurs seront les propulseurs pour avancer pas à pas vers une future réparation ! Alain est un peu dépité mais le lendemain , en début de ce troisième jour à bord , l’énergie est de retour ! Heureusement que nous avons fait quelques courses hier car nous avons zappé le jour férié . À midi, le pote moumoun vient manger avec nous à bord . Ça discuté navigation , moteur avec bonne humeur .

Entre rangements et nettoyage , les journées passent vite .

L’heure de la douche et de l’apéro sont toujours appréciée .

Au dinner avec Patrick ( notre ange gardien de bateau , marin bienveillant qui a pris soin de notre bb pendant toute notre abscence , avec quelques péripéties du genre le corps mort qui lâché et notre voilier en dérive ou encore le passage du cyclone près des Comores …) nous organisons le transfert du bateau prévu le lendemain matin tôt .

Quatrième jour :

Patrick arrive de bonne heure afin de nous pousser avec son annexe pour aller mouiller à l’ancre et libérer le corps mort du club . Il faut d’abord démailler le corps mort puis manœuvrer sans moteur , sans dérive . Alain est à l’avant , patrick pousse à l’arrière et je suis à la barre . Je transpire à grosse goutte , j’avoue avoir un peu peur de ne pas retrouver mes marques mais la manœuvre se déroule bien . Mouiller par 17 mètres de fond avec un guindau manuel est loin d’être l’idéal … si un corps mort se libère et qu une réparation de fortune nous permet de nous servir du moteur on bougera sinon ça attendra la réparation finale ! Que d émotions en 4 jours ou je peux constater que mal de mer et mal de terre sont avec moi !

Le capitaine attaque de front , mains dans le cambouis … je reprend ma place de moussaillon ! Que du bonheur !