Vers providence étape 2 de la traversée

Vers providence !

Le mouillage vraiment rouleur d’Alphonse n’a pas permis un vrai repos des corps , les vagues, le roulis nous ont bien secoués pendant ces deux jours où il faut pourtant ré cuisiner , tacher de dormir au maximum en prévision de la prochaine navigation direction providence ! Le départ a été catastrophique ! Ancre coincée dans les patates de corail à plus de 10 m de fond ! Sur ces iles coralliennes où il faut mouiller très près du récif, les fonds descendent très rapidement ! Bref , une heure de galère ( guindeau manuel )et une grosse peur , grosse fatigue mal venue avant un départ pour 48 h de navigation ! Départ au pré comme d’habitude par 8 noeuds de vent avec montée progressive du vent et surtout beaucoup de grains ( jusqu à 28 noeuds ) et la pluie en prime ! Ça tartine tellement qu on arrive en avance sur notre prévision : mouillage de nuit sous grains avec 25 noeuds ! À nouveau grosse frayeur et nuit sans lune ! Bref … la suite au prochain épisode !

Première partie de la traversée Seychelles Mayotte

En quelques articles , les souvenirs , les émotions de notre traversée … depuis nous sommes arrivés à Mayotte !

Une traversée…la plus longue à l’heure actuelle , mes 48 h de mer !

Comment décrire sans mentionner uniquement les faits , les gestes liés à l’action même de naviguer, ce voyage intérieur que procure ces longues heures face à la mer , c est d’elle qu’on aimerait parler mais elle renvoie à soi , ce tout petit soi face à l’infini du bleu, du ciel, des éléments .

Dans mon coeur , j’ai senti le vide du départ , vers l’inconnu , ce goût d’aventure avec cette appréhension que je définirais technique ( peur de la panne , de la fuite d’eau ou de gasoil suite à notre faux départ de dimanche ). Même si des milliers de gens naviguent et que ceci semble banal pour les marins expérimentés , je suis persuadée que chaque départ en mer à cette sauveur particulière du voyage ou l’on s’éloigne de tout , sans mesurer à quel point on risque de se trouver soi .

Après les deux premières heures où le moteur tient bon , après avoir passé la pointe de l’île , la , c’est l’inconnu qui se mêle au vent , à la houle, aux nombreux grains (où l’on passe de 8 à 32 noeuds en 30 secondes chrono avec bien sur la pluie )qui ponctuent le trajet . Le bateau tient bien la mer , elle forcit , le vent aussi . Il faut prendre un riz , réduire la voilure , résister à la pluie, à la gîte .

Au fil des heures, secoués par la variabilité des vents ou des vagues, nos corps s’aggripent . Même le capitaine a un peu le mal de mer, lui, ne vomit pas. Le petit seau violet est bien utile pour moi quand il devient impossible de descendre à l’intérieur pour faire pipi ou quand il s’agit de dégurgiter le peu que j’ai réussi à avaler.

48 heures ou les éléments ont joué allègrement avec notre sommeil ( ici , c’est chacun son tour , quand c’est possible ) ou avec notre endurance, il faut chercher loin la résistance , garder le sourire. S’aider mutuellement , être attentif à la mer , au vent , au bateau mais surtout à l’autre . Car l’un sans l’autre , c’est impossible.

48h ou j’ai reussi à descendre 4 fois en me cramponnant à tout , ou le capitaine cuisine des nouilles chinoises car rien ne tient , ou l’on dort dans le cockpit entre deux orages , les éclairs ponctuent ces nuits sans lune . Alors , les moments de veille ou l’autre espère trouver le repos , l’esprit se balade vers cette terre quittée . Les oiseaux sont les compagnons , les bruits indiquent aussi les changements , le vent monte , il faut réduire encore , ralentir le bateau pour éviter d’arriver de nuit. Se brosser les dents , se nourrir , aller aux toilettes devient difficile !

Et puis vient l’épuisement , il grandit quand on approche de cette île , celle du futur mouillage . Les deux dernières heures semblent plus longues que toutes les autres, vomir encore , fuir dans un peu de sommeil recroquevillé en boule sur le coussin humide, être humble , chercher plus loin le courage de prendre son quart et une énergie pour les manœuvres d’approche de cette terre inconnue . La passe dangereuse d’entrée de lagon est délaissée , Alain choisit le mouillage près d’un récif à pic , cherchant à être abrité au moins du vent . La manœuvre est délicate les fonds passent de 70 mètres à 10 en quelques secondes, puis c’est le récif qu’il faut éviter .

Enfin , tout s’arrête . Face à nous , un paradis que nos pieds ne connaîtront pas cette fois . Alphonse est Seychelloise, sans visas , impossible de fouler le sol . Pourtant , la voir , la , si près de nous , donne envie . Le mouillage est rouleur , alors l’épuisement s’abat . Après un copieux petit déjeuner , nous dormons enfin dans notre lit breton même si la chaîne tape un peu , même si le roulis maintient un minimum de ce mal de mer qui aurait disparu totalement à terre .

Moralité du capitaine : 243 miles nautiques en 43h30 … record de vitesse à 12, 6 !les connaisseurs apprécieront !

Départ pour Mayotte

Départ pour Mayotte

Ça y est , nous sommes prêts. En ce samedi matin , chacun s’active pour le futur départ prévu demain vers 6 h. Un dimanche 13, c’est le mieux . Niveau vent , le sud est semble installé en alizés , il fait toujours aussi chaud . Alain frotte le pont, je m’agite en cuisine et l’annexe est sur le pont . Elle y restera jusqu’à Mayotte même si nous avons prévu de nous arrêter sur quelques îles seycheloises pour nous reposer . Nos passeports ont le visa de sortie ; interdiction de descendre à terre sauf avarie . Peut être on pourra se ravitailler en eau si c est authorize par le manager …l’idée est l’autonomie. Fini les avantages de la vie au ponton : plus de 220, plus de wifi , plus de douche ! À nous le ciel bleu , l’infini !les oiseaux et la nouvelle lune !

La première étape est de 240 miles . Ce sera notre plus longue sur ce bateau . Puis il y aura encore quelques centaines de miles avant providence et encore plus avant Mayotte .

C’est bizarre cette attente de départ . Vers l’inconnu . Tout sera nouveau à partir de demain . Tous les Deux face à la mer , dans notre coquille de noix. Le capitaine est confiant. Alors moi aussi . C est parti pour 870 miles en 2 ou 3 étapes .

Que les vents nous soient favorables , la cavalcade au portant !

Navigation de retour au chantier

La navigation du retour, bâck au chantier

Il nous a fallu tout le lundi pour nous remettre de la représentation de Mélodie Solaire … c est sur qu on est des troubadours seniors , on le sent bien le lendemain .

C est après notre rituel yoga/ petit déjeuner que nous reprenons la mer direction mahe ou plutôt cascade slipway , le chantier qui est devenu notre base . Nous quittons Desroches avec des cocos fraîchement coupées et un tiroir à souvenirs bien rempli. J ai cuisine avant le départ. Selon l’allure du bateau, la cuisine devient vite insupportable pour moi !

Nous sommes directement au pré très serré avec une mer bien formée . La houle nous secoue mais il faudra s’y faire et garder ce cap au plus juste pour éviter de tirer des bords . La première journée et la première nuit sont hachées par les nombreux grains le long de notre route . Certains sont joueurs niveau vent , avec des changements brutaux de direction du vent , ce qui pimente un peu la navigation . Chacun notre tour , nous volons par ci par la un peu de sommeil . Il y a ces beaux moments, la lune éclaire avec puissance l’océan. J’aime nos repas en mer , dans le cockpit , j’aime aussi tout ce temps de veille à observer les oiseaux , le ciel, le vent .

Le capitaine aime régler les voiles avec finesse pour que nous gagnons en vitesse ou au moins qu on garde le 4 noeud à l heure .

Entre les grains , les changements de vent , il est difficile d’estimer l’heure d’arrivée .

Alain va souvent vérifier le moteur que nous utilisons le moins possible ( parfois pour aider une manœuvre ou pour virer ) pendant la navigation . Quand je l’entend crier après un grain ou le vent avait chuté brutalement : voie d’eau , j’avoue j’en mène pas large! C est une durite d’alimentation en eau qui a pete ! Vite , nous évacuons l’eau . Alain répare et change un tuyau. Nous sommes bien fatigués par cette panne qui , heureusement , a eu lieu avant la nuit.

À la nuit, mahe est en vue au loin . Le mauvais temps vient nous titiller, même quand c est notre tour de dormir , le sommeil a du mal à venir, tendus par la navigation un peu chaotique . Vers 2h du matin , nous mouillons l’ancre dans la baie de Beauvallon , nous avons besoin de repos . Le vent a chuté et les quelques heures de plus seraient de trop. C’est la première fois que nous jetons l’ancre en pleine nuit mais tout a été bien fait ! Heureux de retrouver notre lit breton ( même si celui ci a besoin de sécher encore un peu après le coup de houle de la veille – ah le hublot mal fermé ça fait mal )

Les quelques heures qui nous conduisent au chantier sont faciles ! Tout le monde est là pour nous accueillir au ponton !

Depuis reprise de la vie de ponton avec sa liste de tâches : réparations diverses , avitaillement ( nous avons loué une voiture avec notre contact Guy ) démarches administratives pour la clairance de départ , lessive !

On profite à bloc du 220 , de l’eau car dimanche c est reparti pour une belle traversée : direction Mayotte !

Nous sommes prêts , le bateau est prêt. Le 13 , c’est un bon jour pour un départ dit le capitaine !

Melodie Solaire à Desroches

Mélodie Solaire à Desroches

C est un dimanche de spectacle au bout du monde . Deux heures avant, nous prenons l’annexe bien remplie avec les sacs de lampes solaires, le banc , les costumes pour faire la mise en place. Heureusement que le trombone et la sono étaient restés dans le bureau de jean Claude sinon il aurait fallu plusieurs voyages !

Proposer un spectacle comme ça dans des lieux improbables , sans être attendus ou invités ( comme etre programmer dans un lieu culturel ou un festival ) ça nous fait penser à ce terme peu utiliser de nos jours : troubadours ! Ici, pas de technicien d’accueil mais 2 volontaires pour débarrasser le préau encombré de meubles . Ensuite nous les troubadours , nous nous activons à la mise en place tout en accueillant ce potentiel public ! À cinq heures moins dix , à part les touristes provenant du gros katamaran turquoise de notre pote Fred , peu de monde en vue .

Puis arrivent les docteurs de l’hôtel , le manager de l’île, Shana , le manager de la cantine ( un philippin en poste ici depuis 8 ans ) les jardiniers du potager indien … il est 17h15 quand je présente en anglais Melodie solaire en remerciant Idc de nous autoriser à jouer à Desroches .

L’heure de spectacle passe à fond la caisse, au fur et à mesure , une bonne centaine de personnes sont venus nous voir jouer . Certains de près d’autres de plus loin. Ils ont ri , nous avons ri aussi avec eux . C’était particulièrement intense , riche ! Pour une fois, dans cette île , toutes les communautés , toutes les catégories sociales et ethniques était réunies! Quel partage incroyable ! C est le cœur léger et plein de bonheur que nous rangeons nos affaires en discutant avec ceux qui viennent vers nous . Shana nous invite a dinner . À la montée de la lune , nous regagnons notre navire avec l’annexe bien remplie , le cœur aussi !

Que du bonheur !

Vive les troubadours !

L’annexe

L annexe

Ce petit bateau dont dépend nos retours à bord , nos escales à terre , est indispensable . On pourrait croire à tort qu il est facile de naviguer sur le dinguy bleu et blanc comme son grand binôme car ils vont de paires ces deux filous .

Quand le gros se dandine en écho d’une vaguelette de 3 cm , madame l annexe vient surfer à la jupe , pimentant ainsi la montée à son bord .

C est moi qui amarre cette coquine que le capitaine pilote à la voile , à la rame ou au moteur selon la Mer . Il y a des heures pour descendre à terre quand le mouillage est soumis à la marée . Parfois ça devient sportif de monter ou descendre , de charger et décharger des courses, des bidons ou du gasoil . L accostage au rivage peut virer au cauchemar quand une vague la retourne et qu elle se remplit de sable et d eau , dans ce cas , il nous faut demander de l aide !

La remonter à bord ou la mettre à l’eau , avec son bon 70 kilos est aussi un moment qui peut virer grave selon le vent ou la vague .

J’aime ces traversées courtes qui nous conduisent à terre , si l’eau est claire , nous croisons des raies, des poissons seuls ou en banc , des oiseaux ou des tortues.

Je fais la princesse qui attend que le marin l aide pour poser le pied au sol mais je saute à la jupe pour amarrer celle-ci quand nous revenons à bord !

Ps : peu de temps après avoir écrit ce texte, nous avons eu un petit accident d annexe en la remontant à bord ! Celle ci pesant bien son poids, entre vent et houle , je n ai pas réussi à la pousser assez fort lors du passage délicat de sa remontée : résultat l annexe a tapé de tout son poids dans la filière à l avant du bateau . Le piquet de filière a été arraché! Une réparation s’impose lors du retour à Mahe . Ah les histoires d’annexe font parties de ces anecdotes de marin !

Escale à Desroches

Desroches

La navigation entre Desroches et African banks a été très agréable , assez rapide , avec un vent jouant en notre faveur. Comme c est la 2 eme fois qu on se rend à Desroches , l’approche du mouillage est fluide . Nous décidons de descendre l’annexe le lendemain matin car la houle , même légère , nous secoue . Par vent de sud est ce mouillage est comme un lac, ce n est pas le cas au moment de notre arrivée … avec la montée de la marée , nous sommes bien secoués .dans ces cas là, je trouve mieux le sommeil dans le cockpit, surtout quand l’annexe empêche l’ouverture du hublot de notre lit breton, à l’avant du bateau. Les orages , le balancement continu du bateau yoyo m’ont épuisée . J’avoue avoir eu du mal à envisager la descente de l’annexe au réveil . Mais l’île nous appele , nous avons hâte d’aller à terre après cette nuit agitée.un accueil chaleureux nous redonne le sourire .Jeanclaude qui travaille pour la fondation des tortues nous aide à sortir l’annexe , il dit qu’il a vu notre bateau depuis hier. Il propose également de nous prêter son lave linge ! Ça , c est cadeau vu la quantité de linge sale … il nous accompagne à l’office au centre du campement où nous rencontrons Douglas , le cuistot de la cantine Idc nous invite à un somptueux petit déjeuner . Alain dit que je faisais tellement pitié … après plusieurs jours de secousses avec les mouillages rouleurs, nous marchons parfois de travers , ambiance mal de terre ( surtout moi ). Douglas et Jean Claude avaient vu la répétition de Mélodie Solaire en novembre dernier . Les îles des amirantes sont gérées par des managers , celui qui est en poste actuellement à Desroches , était en congés lors de notre premier passage . Nous nous presentons à son office pour fournir les autorisations pour être à terre mais il savait déjà tout sur nous !

D’entrée nous abordons le sujet de la représentation de Mélodie Solaire en lui expliquant qu’on aimerait jouer dimanche pour que tout le monde puisse y assister . Le dimanche après midi est férié pour presque tous les travailleurs des différentes communautés présentes sur l’île . L’hôtel ( en fin de construction lors de notre précédent passage ) 5 étoiles situé au bout de l’île est maintenant ouvert. L’aéroport accueille 2 vols quotidien . ( c’est un petit aéroport îlien pour avions à hélice avec peu de places à son bord ).

Retrouver brutalement tant de civilisations , après notre isolement , ça fait bizarre .

Nous traînons tout le matin avant de remonter à bord , le temps de saluer les jardiniers du potager magique ( j’aime le décrire ainsi , c’est un bonheur de se balader dans ce magnifique jardin rempli de légumes et fruits frais ). Le linge nous occupe aussi , quel plaisir de se balader à pied dans la verdure . Les allées de cocotiers, les tortues géantes , les gens qui passent en vélos , à mobylette ou en tracteurs sont la particularité de cette île où travaillent plusieurs types de personnes que ce soit directement pour Idc ou pour l’hôtel . Shana est La coordinatrice . Elle a organisé pour nous un rdv chez le docteur de l’hôtel pour soigner mon oreille en chou-fleur . Ce premier jour se révèle actif, le rdv est prévu pour 15h. Il faut traverser l’île pour se rendre à la clinique neuve rattachée à l’hôtel . Shana a fait venir une voiture avec chauffeur et nous traversons l’île sur la route de sable bordée de cocotiers . Quelques tortues se baladent , quelques travailleurs aussi . Après l’aéroport , nous arrivons dans les quartiers non touristiques de l’hôtel : la cantine des employés , le service de maintenance avec ces grands hangars , les logements de plusieurs types ( ça va du dortoir collectif aux villas individuelles ou mitoyennes ), la boutique locale réservée au personnel et enfin la clinique flambant neuve .

Shana nous accompagne aussi pour voir le docteur qui nous attend avec son assistante . Les docteurs sont des urgentistes allemands avec qui nous engageons la conversation pendant l’exploration champignoneuse de mon oreille droite – en mauvais état il faut bien le dire . Il me donne une crème qui soigne tout . Nous allons paye la consultation ( en euros svp ) à la réception de ce bel hôtel après avoir donné un dossier aux toubibs avec cet espoir de vendre Melodie solaire dans ce palace … bref Shana explique qu’il faut repartir rapidement .

Après cette aventure , nous retournons à bord Le vent bascule enfin sud est l eau ressemble à un lac . La première nuit calme se profile . Quel bonheur ces couchers de soleil assis dans le cockpit à l’heure de l’apéro .

La semaine défile ainsi paisiblement : Yoga suivi du petit déjeuner à la cantine , visite du potager , retour à bord , petits travaux du quotidien , retour à terre pour la lessive , le trombone pour Alain pendant que je me balade entre la maison de Jean-Claude , l’office , la cantine discutant avec Shana ou avec la femme de ménage ou encore avec les cuisiniers . J’adore observer ce microcosme si particulier, avec cette insularité d’un bout du monde où les gens viennent pour le travail . Aucun enfant , une chapelle , la plage, des cocotiers et des tortues . Souvent je me dis que j’aimerai écrire un roman jeunesse sur cette île particulière, une petite histoire ou les communautés devriendraient le sujet caché .

Le jeudi soir Jean Claude nous invite à dinner . C’était bien sympa de discuter avec lui et son stagiaire . Cela éclaire sur le fonctionne si spécifique du lieu .

Bribes par brides la vie locale et ses lois deviennent apparentes . Il faut quelques jours pour avoir une meilleure perception des ces îles régies par IDC .

Le vendredi et samedi , nous accrochons quelques affichettes pour inviter tout le monde à la future representation de dimanche.nous répétons aussi en fin d’après midi en passant à travers les gouttes . Comme les orages sont bien présents, l’option du préau près le la boutique est retenue. La boutique est ouverte le samedi de 13 h à 15h uniquement . Comme les autres, nous attendons notre tour car il faut rentrer un par un ! Les prix défient ceux de mahe , nous prenons des biscuits , quelques boîtes de beans , des sodas … nous profitons aussi de la cabine téléphonique à carte pour passer deux appels . C est paisible Desroches …

Dimanche , c est la journée Melodie solaire ! Et c est une autre histoire !

Ps: je poste cet article alors que nous sommes revenus au chantier . Léger décalage dans le temps .

Ps : est ce que cela vous semble trop long comme article ??

Le banc africain

Le banc africain

Quel merveille que d arriver par la mer face à une île minuscule au milieu de l’océan ! La danse des dauphins , le ciel flamboyant, le repérage de l endroit idéal pour le mouillage sont des moments magiques comme on voit dans les films . Que d’émotions à la vue de cet îlot où poussent 4 ou 5 cocotiers ; les oiseaux virevoltent a souhait en un concert de piaillements . On s endort avec ce chant mêlé à celui du bateau . Le réveil est somptueux. Après la mise à l eau de l’annexe , nous accostons par la grande plage de sable fin ou les crabes et les bernardlhermittes dessinent au sol des belles traces .

Nous repérons le seul petit coin d’ombre malgré l’heure matinale pour pratiquer notre yoga avec la compagnie des oiseaux de mer . L eau est si claire qu’on voit passer les tortues , les raies à quelques mètres de nos pieds .

La sensation d’être seuls au monde est indescriptible , l’esprit vagabonde , qu’il est doux de jouer à Robinson Crusoe .

Chaque jour nous reprenons cette routine du copieux petit déjeuner à bord après la pratique . Nous sommes émerveillés et l’exploration de l’île dans l’après midi contribue à renforcer ces émotions . La trace humaine est la : hélas , à cause du plastique qui se cache dans la nature . Les roches , le banc de sable , les plumes et les coquillages , tout est sublime .

Il faut veiller la marée pour éviter les galères avec l’annexe .

Nous voici en véritable autonomie sur ce bout de paradis : pas d eau potable , à part 3 cocos , rien n est comestible dans la végétation . Nous décidons de rester jusqu’à la fin de nos légumes frais ou presque. Le capitaine va à la pêche le soir, le mouillage est rouleur , impossible de dessiner sur le pont . Après deux nuits bien secoués par la houle , nous avançons le bateau vers le banc de sable . La mer reste joueuse avec notre bouchon . De la plage , on le voit bien faire le yoyo ! Nous installons le récupérateur d’eau de pluie car les orages arrivent au loin .

Même si le mouillage nous a secoué plusieurs jours de suite, la vision de tortues , le chant orchestre des oiseaux de mer , les sorties palmes et tuba ou l on nage avec les Carangues, les tortues mais aussi le petit requin du coin ( j’avoue avoir une frousse de dingue et je me cache derrière Alain quand j ai trop peur )sont des cadeaux de la vie .

Au revoir belle île sauvage promis on va revenir , il est temps pour nous de partir à Desroches !

Je poste les articles que j ai écrit pendant le voyage . Actuellement nous sommes au chantier en mode réparation et préparatifs

30h de navigation

La première grande navigation de ce voyage : 30 heures

L escale à takamaka était une transition sans trop de saveur pour se préparer à la première grande navigation de ce voyage . Même si la baie est jolie , les tortues en cage , la houle en rouleaux qui rend difficile voir délicat l arrivée en annexe( nous en avons fait les frais à nos dépends le premier jour , l annexe s est faite embarquée par un rouleau ! Heureusement que le capitaine prévoyant avait mis de côté l option moteur et qu on était venu à la rame. Cette annexe , indispensable , est bien lourde à manipuler .une fois pleine d eau et de sable , il nous a fallu de l aide pour la remettre à flot )m ont laissé perplexe …

de bon matin , nous voici prêts pour le départ . Tout est rangé , il y a de quoi manger sans cuisiner en mer . C est parti ! Sous la pluie , nous quittons la baie direction African banks ! Alain hisse rapidement la grande voile , puis le génois . Il y a un peu de vent pour une allure au portant . La houle est au cul du bateau , quand le vent faiblit , on dandine juste assez pour me coller le mal de mer si je traîne à cuisiner ou à l intérieur . Comme le vent faiblit , le pilote surnommé giscard barre mieux que nous . Le rythme de la navigation s’installe doucement . On pique des roupillons chacun son tour . Alain règle les voiles avec finesse pour optimiser le peu de vent . Avant le soir , nous sommes au large. Plus de terre en vue . Avant la tombée de la nuit , la douchette dans le cockpit enleve un peu du goût salin . À la nuit , le vent faiblit . Alain commence par dormir , lui , évidemment , descend sans problème dans notre lit breton à l avant du bateau pour dormir , bien que cette fois , il a du mal à trouver le sommeil . Quant à moi , je dors sur une des banquettes du cockpit . Il me réveille quand nous avons la visite d’un oiseau qui s’installe sur la barrière de la jupe . Toutes les deux ou trois heures , en fonction du sommeil de chacun et du bateau , nous alternons à veiller à la bonne marche du navire : garder le cap , veiller sur la mer et le pilote , écouter les bruits de voile , regarder l anémomètre et navionixs ( notre logiciel de navigation qui indique au fur et à mesure de la trace , la vitesse du bateau ). L’oiseau reste à bord jusqu’au petit matin , sans se soucier de nous .

Dans la nuit, nous croisons la route d’un gros navire de pêche sans radar , je réveille le capitaine pour être sure de ce qu il faut faire : pas simple d évaluer la direction du navire à tribord ! Bien sûr , je débute, peut être qu’avec des années de mer , je saurai mieux me débrouiller. Alain rectifie légèrement le réglage des voiles , modifie le cap de 10 degrés . Le peu de vent fait parfois taper la voile . À l Aube , je sors du sommeil , le capitaine dort aussi dans le cockpit : nous avions l oiseau pour veiller !

Je reprend mon quart , il part dormir un peu !

Après le petit déjeuner , Alain réfléchit à haute voix : avec ce peu de vent , faut il tenter le spi ?

Allez oui ! On se lance ! Il remet le moteur , je reprend la barre pour la manœuvre Il faut d abord affaler la grande voile. Rouler le génois puis hisser le spi ! Tout se passe bien , le capitaine est si fier devant sa magnifique voile de couleur !

L effet du choix sur le bateau est immédiat : plus de roulis , on dirait que la mer a changé mais c est l’allure qui est différente !quel plaisir de sentir une douceur de brise !

Il fait très chaud , on cherche le peu d ombre pour tenir sous le soleil au zénith .

L immensité du bleu , à perte de vue , est une sensation extraordinaire , les émotions , les pensées surfent avec la vague et le vent .

Soudain , on aperçoit la terre, d abord floue puis doucement les contours d’une île se dessinent .

Alain décide d’affaler le spi, avec l aide du moteur et ce vent qui baisse encore , il dirige cette manœuvre délicate ou je l aide pendant qu il ramène le spi sur l’avant du bateau . J’ai un trac fou quand nous devons entreprendre ce genre de choses qui me sont inconnues . Mes mains tremblent , le cœur bat plus vite… youpi ! Manœuvre réussie ! Le capitaine est joyeux , je suis soulagée.

Une bande de dauphins s’amusent près du bateau ; c est une chorégraphie au large , un ballet joyeux ou les jeunes sautent en tournant . Quelle émotion de vivre ça ! C est magique .Alain pêche vraiment peu pour un marin , cependant , il a péché un thon jaune ,en fin de navigation , pas trop gros mais suffisant pour un bon repas du soir !

Nous approchons enfin du banc africain ! Un palmier ,quelques cocotiers , du sable blanc , un récif , des milliers d’oiseaux; le tout posé au beau milieu de l’océan , c’est incroyable . L’eau turquoise accompagne la manœuvre du mouillage !

Après 30 heures de navigation, nous voici arrives au bout du monde . On dirait le paradis !