À propos d une reprise .. de pranayama

Souvent, ça traîne dans un coin . On sait qu on a les outils mais on a du mal à les utiliser. On connaît les gestes préventifs mais on les sort trop tard. Être la. Maintenant . Agir

Ce matin , j ai repris le pranayama . Ok il a toujours été la, à petites doses. Pour quelques temps je vais expérimenter la régularité quotidienne et consacrer un espace dans ma journée dédié au pranayama . Observer le chemin, les bienfaits. À la même heure, m asseoir ,Respirer.

Derosches bis

Derosches bis

Il y a peu de vent pour la navigation qui nous ramène à Desroches , il faut dire que notre bateau est un lent! Quel plaisir de retrouver un mouillage calme, de revoir aussi tout le monde ! Les potagers sont notre joie quotidienne , les légumes sont excellents. La tortue est à sa place , on reprend vite nos habitudes et on se sent chez nous ! D ailleurs , on resterait volontiers plus longtemps…

cette fois , nous traversons l île à pied dans sa largeur , La version sauvage de l île est bien différente , La balade sous les cocotiers est un périple où il faut bien vérifier son chemin , de très nombreuses araignées tendent des pièges , on croise les tortues femelles plus petites, craintives et sauvages . Le cimetiere est à mi chemin entre les deux rivages .

Les travailleurs Seychellois sont de repos le dimanche . C est différent pour la majeure partie des travailleurs indiens qui ont une demi journée de repos par semaine ( les horaires de 7 à 18 h avec une coupure repas de 30 mn.. ) sauf pour ceux qui sont réquisitionnés pour décharger le gros navire de marchandises ( pierres , dalles , meubles , cuve de piscine ) pour le futur hôtel . Ceux la travailleront aussi tard dans la nuit jusqu à ce que le cargo soit vide .

Ici , ça bosse dur dur même si on sent une certaine notion de repos en ce dimanche après midi . Il y a du monde devant l unique cabine téléphonique .

Nous préparons tranquillement notre retour qui approche sans grande motivation pour repartir. L accueil sur ces deux îles a été si chaleureux qu on souhaiterai rester encore , il y a moins de nostalgie car on sait qu on va revenir dans quelques mois et c est avec les sourires de tous immortalises par les photos que nous reprenons la Mer en direction de mahe : 30 h minimum si le vent est bon ! Bye bye Derosches c était bon de te connaître et de rencontrér autant de générosité : les cocos fraîches et les œufs offerts vont adoucir nos derniers jours de voyage.

Le séjour à l île poivre

Le séjour à l île poivre

7 h de navigation pour atteindre l île poivre au départ de desroches : une navigation avec peu de vent, sans problèmes , encore au pres ! On dirait qu on passe notre temps au pres ! Comme nous arrivons en fin de journée , nous restons à bord pour un apero coucher de soleil. Le mouillage semble rouleur mais La nuit est calme. De bonne heure le lundi matin nous allons à terre porter notre autorisation et chercher un espace pour notre yoga quotidien . Sur La plage le manager nous aide à accoster, il y a des ruines en bord de mer, de grands arbres et des petites raies ainsi qu un bébé requin à pointe noir dans le peu d eau de La marée basse. L entrée se fait par une grande passe ; en route avec l annexe , nous avons croisé le capitaine d un grand monocoque le cosmoledo : il nous confirme que la passe est relativement dangereuse avec une houle et un courant dont il faut se méfier. Le manager djolive nous dit qu il a tenté de nous joindre avec La vhf et nous souhaite la bienvenue. Ici, à poivre , il y a 5 habitants que nous rencontrons des notre arrivée . Tous sont occupés à ramasser des feuilles sous les grands arbres majestueux . C est très beau ce village avec les vestiges de maisons d un temps ancien , les badamiers , les cocotiers et les arbres à pain sont nombreux , de belles fleurs roses bordent les allées . Les habitations sont simples , nous entamons notre séance du jour à l ombre sous les regards étonnés des travailleurs Seychellois . Il y a une seule femme : Flavia . Djolive nous indique sa maison ou nous pourrons faire la lessive : il nous propose d utiliser son lave linge . Nous lui demandons si il est possible de troquer des légumes si il y a un potager ou si nous avons le droit de ramasser des cocos. Il dit que non mais qu il y aura moyen d en avoir peut être . Il y a aussi des fruits à pain et de nombreux citronniers . Après le yoga retour à bord pour les tâches quotidiennes : vaisselle , cuisine etc etc chacun vaque à ses occupations sous une chaleur écrasante, le mouillage est moins calme qu à desroches ! Après la sieste, retour à terre pour la session lessive et trombone. J entend un drôle de bruit; je m approche et découvre la porcherie ou tout le monde s affaire. L odeur de la peau de cochon qui cuit me soulève le cœur , impossible de rester à proximité pour discuter avec Flavia qui a du mal à comprendre que je puisse avoir La nausée de sentir ce fumet ! Elle viendra me voir au lavoir pour me dire qu ils sont tous surpris et intéressés par La vision de notre yoga ou par le son du trombone . Djolive me propose des cocos, du fruit à pain et des lemons . Nous intriguons ce petit monde , chacun pose des questions ( eux et nous ). La proposition d assister à une répétition de Melodie solaire les séduit et on choisit La date de mercredi vers 16h30. La passe est dangereuse cela ne nous permet pas de Jouer à La tombée de la nuit, tant pis pour l effet lampe solaire. Finalement j ai profité du lave linge pour les draps, les laver à la main c est sport! Quand nous retournons à bord, l eau est si clair que nous voyons une grosse tortue de Mer, une raie et une belle série de poissons multicolores .

La nuit, le mouillage nous taquine : le lendemain au réveil avant même de descendre à terre , nous bougeons un peu vers l avant avec l espoir d être moins secoues . Chaque jour , une bande de dauphins jouent pres du bateau , les grand oiseaux de Mer plongent pour chasser, les poissons volants dansent autour du navire, quel spectacle éblouissant ! De bonne heure , nous avons La chance de voir une raie manta majestueuse. Ça vaut bien un mouillage rouleur ! La journée glisse paisiblement , on se balade à terre sur l île du nord ( poivre a deux îles sud – accessible à pied à marée basse – et nord ou se situe le village ) en direction de la piste d atterrissage , un chemin permet d y accéder sans rentrer dans la jungle de cocos . On découvre aussi les bananiers d autres immenses arbres à pain de nombreux citronniers des hangars avec machines et groupes électrogènes flambants neufs, le desanilisateur , La boutique , deux maisons vides .Djolive nous a rejoint et nous fait une visite guidée du coin : le cimetière , La plage aux bébés raies et requins pointe noire. Au fil des Pas La conversation s engage : on apprend qu il y a un projet d hôtel de luxe prévu en construction l en prochain ! Quelle chance d être ici avant l invasion touristique !

La nuit nous secoue notre bateau couine , roule à La moindre houle ! La pluie est un rdv mais une éclaircie nous permet de Jouer Melodie solaire comme convenu. Quelle émotion de partager notre travail artistique ici avec ce public si spécifique ! Flavia et Djolive nous posent des questions , les 3 autres compères sont plus réservés .

Jeudi matin . Après une nuit bien agitée , le roulis nous décident pour reprendre la Mer , nous passons dire au revoir au village et repartons avec un bon peu de citrons , des fruits à pain , un gros poisson ! Tous sont si généreux avec nous ! À l année prochaine île poivre ! Promis on reviendra avec nos costumes et La sono partager encore avec vous quelques instants de bonheur ! Il est l heure pour nous de filer au large en direction de desroches malgré le peu de vent ! Espérons que la suggestion faite à djolive d installer un corps-mort nous permettra de rester plus longtemps sans être chambouler par le roulis et sans que l ancre brise les coraux à cause de cette petite houle maligne qui tourne autour de la passe .

Le séjour à Desroches

Le séjour à desroches

Après la surprise de l arrivée , nous avons pris le temps de découvrir le village, de rencontrer les habitants, d observer les règles de vie de l île. Les premiers jours, lentement mais sûrement , nous investissons progressivement les lieux, d abord l espace pour le yoga matinal , puis ensuite le lavoir près de La Chapelle et du magnifique potager que j ai visite un matin très tôt sous une grosse pluie tropicale. L odeur des plants de tomates, de piments , de La menthe , du basilic et du tulsi accompagne mes Pas dans les allées bien droites . Les jardiniers indiens me font signes pour que je me serve et sans hésitation je commence mon marche du jour : fruit à pain papaye tomates aubergines herbes aromatiques concombres ; le tout offert par l île tout comme les œufs frais .ici, l argent perd un peu de son utilité : le magasin avec presque rien est ouvert un jour par semaine! Tout le monde dit bonjour, l anglais et le créole sont plus employés que le français .

De grosses tortues vont et viennent: les jardins individuels et le potager sont entourés de murets évitant ainsi que ces lentes demoiselles dévorent tout. Les nombreux cocotiers ont été récoltés , l arbre à zamalacs est rempli de fruits roses et blancs, La tortue que nous surnommons Rosalie se régale des fruits tombants .

En bord de plage, pres du debarquadere , il y a 4 guesthouses pour les invités Seychellois de Monsieur Savy , le grand patron de IDC la société gérant l archipel des amirantes . David remplace le manager actuellement en congés , alain est le régisseur. Nous rencontrons aussi des travailleurs indiens, malaisiens et philippins . Les Seychellois et les rares couples habitent les bungalows le long de deux grandes allées . Il y a une grande maison vide avec de beaux parquets et une grande terrasse ; ça devient notre spot à yoga ou à répétition musique et danse selon l heure.

Le magasin et l’administration sont pres des grands hangars . De nombreux lavoirs et poubelles sont à la disposition de tous. Deux routes partent dans les directions opposées , de panneaux en bois indiquent l hôtel en construction ou encore la piste d atterrissage ou le reef end… on apprend qu il y a aussi la maison secrète d un ancien président . Mais le lieu est tenu secret.cette île a bien des mystères … chaque jour on découvre de nouveaux trucs . Le couple de jeunes chercheurs ( anabelle et marc ) travaillent avec un Seychellois Jean Claude à la préservation de la faune et étudient aussi les coraux , les tortues de Mer et de terre .

À la sortie du village longeant la côte sous le vent , il y a toute une série de lodges luxueux : ce sont de grosses villas de propriété privée bien à part de La population . Les malaisiens et les philippins s occupent de tout pour les riches touristes .

Des pêcheurs sont A disposition pour la pêche au gros des invités Seychellois ou des maîtres de villas.

Après notre répétition publique de Melodie solaire, le contact se noue plus librement et nous profitons du prêt de vélos pour visiter le reste de l île . Sous des allées de cocotiers , nous pédalons gaiment en direction de ce futur hôtel grand luxe et c est avec surprise que nous arrivons à ce grand chantier étonnés par tant de luxe ! Quand on imagine que tout a été importé cela prend de sacrées proportions : les engins , tracteurs , grues et autres engins en imposent grave ! Dans peu de temps cette île aura un autre visage .

De nombreux travailleurs indiens sont embauchés par les usines à bois ou par l’usine qui traite le coco ( huile et dérives ) ils signent des contrats de 3 ou 6 ans et le dimanche semble être férié.

Les habitants sont tous très gentils avec nous; de jour en jour , nous nous intégrons dans ce microcosme insulaire . Les campements ouvriers sont bien enfouis dans la forêt de cocotiers ; nous avons totalement sous estime le nombre d habitants . Il est vrai que les travaux du luxueux hôtel en construction mobilise beaucoup de main d œuvre , les immigrés en provenance de l Asie coûtent moins cher .

La météo nous taquine avec La montée de La lune , les pêcheurs et David le manager nous conseille d attendre avant de partir à Poivre car l accès de l île est difficile avec La houle . Ça tombe bien , on est pas pressé : on prendra le temps de voir monter la lune . Chaque matin , je fais une mini cueillette dans le potager, alain le régisseur nous offre une caisse de cocos verts à boire . On a aussi eu le droit de téléphoner gratuitement . C est tellement étonnant de recevoir tout comme ça en cadeau . La vie sans argent sans wifi sans internet a une saveur particulière … pourtant même au paradis les pointes de l enfer sont La : on a appris que certaines îles ont été vendues aux milliardaires du pétrole et elles sont maintenant interdites aux Seychellois et aux touristes , leurs côtes sont sévèrement gardées par des miliciens armes à la coupe de ces riches qui viennent s encanailler sous des cocotiers loin du regard du monde ; avec une pléthore de serviteurs soumis à de rudes conditions de travail … soit disant ces pauvres gens sont volontaires et engagés d eux mêmes dans cet esclavage moderne qu on n ose nommer .

Quelle chance de vivre cette aventure avant que le futur tourisme de riches ( mais Pas assez riches pour s offrir une île )défigure ces joyaux bennis des dieux .

Je suis heureuse de me rappeler en disant au revoir ( car on a prévu de revenir après l île poivre pour l anniversaire du capitaine ) de cette générosité de La nature qui donne à cette une humanité souriante Une valeur proche de celle du cœur .

50 heures de navigation 

La navigation : 50 hAprès un énorme petit déjeuner à l hôtel archipel,nous rangeons tout dans le cockpit, et dans le carré en prévision de la future navigation.tout est prêt : le café, le the, les biscuits, les bonbons, les nouilles en salade.nous avons encore des viennoiseries du petit déjeuner et du jus de mangue frais.

À 13 h, on lève l ancre.les premières heures sont lentes, presque pas de vent,il faut aider au moteur, le pilote Giscard est le bienvenu.par petit temps, il est le plus efficace. Le réglage des voiles, le maintien au cap sont indispensables. La nuit tombe vite, nous irons dormir à tour de rôle, le capitaine descend dans la bannette , moi, j aime dormir dans le cockpit. J avoue avoir été très fière à prendre mon premier quart de nuit. Être seule , la , comme ça, à veiller, avec les étoiles, le bruit des voiles et de l océan.notre allure est lente mais on avance, avec des heures au moteur, d autres uniquement sous voiles. 3 voiles sont hissées : la grande voile, le génois et la trinquette à l avant pour optimiser au maximum la surface de prise au vent. À l aube, j ai vu pour la première fois le soleil se lever en mer, on passait silhouette, la dernière Ile en direction des amirantes.

Au fil des heures, sous le soleil, d’un coup, on était en mer à 360 degrés, il y avait la mer partout sans une terre à l horizon.c est une sensation extraordinaire, très forte, unique.la navigation est douce, particulièrement les heures sous voile. Les heures défilent et c est encore la nuit. Pendant mon quart, le vent à monte d un coup, le pilote sautait. Ça a réveillé le capitaine, qui a réglé les voiles au plus fin, puis le vent s est calmé de nouveau. Au petit matin, la terre était encore loin, on a fait la vaisselle dans le cockpit, j ai cuisine. La douche était le luxe. Salés, tannés de soleil, éblouis du bleu, de l air marin, fatigués mais tellement heureux de voir la terre.Desrosches, on t a vu venir de loin, on a pris notre temps pour s approcher de toi,belle Ile perdue au milieu du vaste bleu. L arrivée est majestueuse, avec des dauphins, de l eau turquoise , un truc incroyable.

Le mouillage , en face du village , semble parfait. Une fois l ancré jetée, il faut encore un dernier effort pour la mise à l eau de l annexe et de son moteur. On boit un coup pour fêter notre arrivée, ma première longue navigation ! Je suis épuisée mais si fière d avoir vécu cela.

Nous descendons à terre, avec notre autorisation, le sable est si fin, si blanc. Lors du trajet en annexe, des fleurs roses et jaunes flottent et la plage couverte de fleurs donne un touche très douce à nos premiers pas. Nous titubons un peu, ivres de mer.

Le village semble vide, on marche à la découverte des lieux. Un jeune homme qui travaille à l étude des tortues nous indique la maison du regisseur de l île ou nous sommes très bien accueilli. Demain, on pourra passer un coup de fil pour signaler notre arrivée. Ici, la connection est une denrée présente mais rare… en se baladant sous les immenses cocotiers, on rencontre notre première tortue de terre, géante. Alain s approche d elle en l imitant, elle le renifle, le laisse venir, puis il la caresse et pour finir il lui soigne une patte. Elle en est reconnaissante , elle revient vers lui. Cherchant son contact. On la laisse , profitant du soleil couchant pour faire encore quelques pas sur les chemins de l île. Il y a plusieurs types de maisons, un potager, une eglise, des lavoirs, des hangars. Nous sommes trop fatigues pour traîner longuement, il faut rentrer au bateau avant la nuit. Promis , on reviendra des demain pour le yoga, le téléphone, les discussions avec les habitants que l on croise doucement.