De Sacatia à cratère

De Sacatia à cratère

J’ai oublié de mentionner un des trucs qui me plaît le plus lors des navigations : la vision , la rencontre parfois avec les gros animaux marins . Sur la route du nord , nous avons eu cette chance de voir au loin un couple de baleines s’ébattre en sauts vertigineux , plusieurs fois les dauphins étaient proches et à Sacatia , nous avons nagé avec une tortue qui a dessiné un grand cercle autour de nous . Ces moments magiques façonnent la boîte à souvenirs , comme les histoires de navigation .

Ce court trajet ( prévu maxi deux heure trente de mer ) qui s’annonçait si bien au départ , ai devenu une bonne galère :

L’alarme moteur s’est mise à hurler juste au moment où justement on pensait à couper le moteur . Ça sent le chaud. Alain retire l’échelle pour accéder au moteur, il change la courroie , voit que le moteur repart mais l’alarme ne s’arrête pas . Les pannes moteur ont un côté bine flippant , je descend l’aider à tendre la courroie mais il est délicat de laisser le pilote sans surveillance dans cette zone à pirogues .

Il y a un bon vent , nous filons vers cratère . Comme l’alarme se met en marche si on tente d’allumer le moteur , il semble que c est plutôt l’alternateur qui se bloque , le capitaine décide que nous allons mouiller à la voile , ce qui est une grande première ! Il faut rester calmes et coordonnés pour réussir la manœuvre délicate . Alain réduit la voilure à un peu de génois , nous choisissons de mouiller un peu éloignés des premières bateaux de la marina de cratere pour minimiser les risques .

Mais c’est sans problèmes que nous réussissons cette arrivée , avec le vent en notre faveur . 60 m de chaîne , ça va pas être simple à relever mais la prudence nous oblige à mouiller par 12 m de fond afin de ne pas approcher trop les autres voiliers .

À la marina , Alain demande tout de suite si il est possible de faire réparer l’alternateur . L’arrivée à la voile n’est pas passée inaperçue .

La pizza du soir nous enchante !

Le lendemain , Alain démonte l’alternateur que nous déposons chez un mécanicien marin , en ville .nous avons décidé de passer deux jours à terre , le temps que la pièce soit réparée .

À nous , le luxe des chambres d’hôtels avec l’eau chaude et les bons restos , les balades à pied le long de la plage … une pause enchantée …

De retour au Bateau que bien sur nous avons fait garde la nuit , oh catastrophe !

Le balcon arrière , ainsi que la filière sont arrachés ! Nous sommes dépités, un coup de stress , une montée de panique ! Qu’est ce qui a bien pu arriver ? Alain repart direct à la marina pour une tentative d’explications . Le matin , nous avions envoyé un mail pour vérifier que tout allait bien et Isabelle ( la directrice de la marina ) avait confirmé que tout allait bien .

Alain revient , il regarde à nouveau la bateau , mais la nuit tombe ! La seule explication serait qu’une pirogue ait embouti le bateau , ce que nous avons déjà vu de nos propres yeux sur un autre bateau il y a quelques semaines . Il faut dire que ça ouvre le débat sur les corps morts qui sont posés en trop grand nombre sans laisser du passage pour les boutres et pirogues qui arrivent souvent sous voile sans moteur .

Pour avoir fait l’expérience d’une simple arrivee, slalomer entre les bateaux me semble une manœuvre délicate voir dangereuse. En discutant avec d’autres propriétaires de voiliers à la marina , nous apprenons qu’un gros catamaran s’est également fait rentrer dedans , le même jour que nous .

Le lendemain matin , Alain regarde de plus près les dégâts . Le gardien vient nous voir , ensembles , ils arrivent à la conclusion qu’un boutre ou une pirogue s’est accroché dans la filière , arrachant sur son passage la filière et le balcon tribord . Il reste des morceaux de bois qui prouvent le passage d’une pirogue . Dans notre malheur , nous avons la chance d’avoir un bateau en aluminium , surtout que ça n ait pas arraché également les panneaux solaires et les câbles de connexion . Bref ! Il faut organiser les réparations ce qui décale notre programme d’une journée . La priorité est de remettre en place l’alternateur pour aller au corps-mort et aussi faire les pleins d’eaux .

Alain réussit à tout remettre en route , nous changeons le bateau de place , faisons le plein d’eau . Nous restons une nuit au corps mort de la Marina pour attendre la visite d’un soudeur alu pour évaluer les réparations du balcon et de la filière .

Les escales à la marina sont aussi le moment des courses et de la lessive .

La bonne humeur revient malgré les dégâts , c est aussi ça , la vie à bord , faire face à des imprévus à régler au présent .

La visite du soudeur nous renforce dans l’idée que il vaut mieux que ça casse quand on est là que si ça casse en Mer . Le diagnostic est le suivant : le balcon et cette partie de la filière avait déjà une faiblesse , il est mieux d’envisager de refaire tout les balcons et entièrement la filière à tribord. À Mayotte , la main d’œuvre sera plus compétente pour ce genre de soudure .

Il faut envisager une réparation provisoire .

Alain fixe tout solidement avec des amarres. Il consolide avec des bouts , du câble . Ça ira pour la dernière partie de notre séjour et pour la navigation de retour vers mayotte .

Que d’agitations en si peu de temps ! À en oublier la douceur de la pause à terre.

Nous préparons le bateau rapidement pour notre dernière balade avant les formalités de départ et la traversée pour Mayotte .

Ces mésaventures marines prouvent bien qu’à tout moment , le bateau , c’est l’aventure ! Chaque navigation , même d’une heure , doit être prise au sérieux .

Heureusement je navigue avec un excellent capitaine . Nous formons une sacrée équipe avec les mois de mer . Quand je pense que je ne savais rien faire du tout , je peux mesurer maintenant à quel point j’ai encore à apprendre même si je suis à l aise dans les tâches que je fais à chaque navigation .

Je me concentre à chaque manœuvre pour aider au mieux mon valeureux capitaine . Nos rôles sont clairs , il va à l’avant pour l’ancre , les voiles et je barre . Dans chaque action , nous sommes coordonnés . C’est ensemble que nous faisons avancer ce gros pepere !

Au fil des mois en mer , je me dis que c est comme le yoga , un long chemin imprévisible , riche en enseignements , à vivre au présent intensément.avec l’air , la respiration comme inspiration .

J’ai hâte de partir pour notre baie favorite , ce mouillage 10 sur 10 où nous aimons jouer à Robinson .

A un mois de la date prévue de notre retour , il faut avouer que ça va être quelque chose de retourner vivre à terre .

J’aime tellement la vie à bord .

Vite , profitons encore de ces purs moments de bonheur !

Ps : il y a un décalage entre le jour ou j’écris et celui où je peux poster sur internet !

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La marina

La marina de cratère

Entre deux mouillages de rêve , nous repassons par la marina de cratère pour faire les pleins . C’est un autre type d’escale où nous profitons du réseau , de la douche à terre ( quand il y a de l ‘eau , les coupures sont fréquentes )et de bien d’autres avantages . C est également le moment de sociabilité , nous en profitons pour aller au restaurant ou inviter des amis à bord , appeler la famille , télécharger des films pendant qu’on traîne au bord de la piscine un dimanche.

Nous commençons souvent par les courses à hellville , le taxi amir connaît nos habitudes , ensuite viennent les pleins d eau , les lessives ou l’essence puis les balades à pied qui mènent au restaurant ou à l’hôtel avec piscine . Nous refaisons des dernières courses et c est reparti . Cette escale prend trois ou quatre jours . Nous en profitons à chaque fois pour troquer nos livres à la marina , manger une pizza ,discuter avec les équipages de bateaux croisés ( radio ponton fonctionne bien )et traîner chez les riches , avant de reprendre la mer .

Nous aimons bien le resto de la marina , le café pause yaourt de darsalam , le super resto luxe de batumoch ( hôtel Sarimanoko ) d’ambatoloka et notre chouchou du dimanche : l’heure bleue de Madirokelly que nous rejoignons par la plage.

Quand nous repartons en balade , les possibilités de manger ailleurs que sur le bateau sont rares .

Ces pauses a tendance luxueuse en comparaison avec notre vie à bord sont bien agréables !

Vers nosy Sacatia

De tsarabanjina a sacatia

De bon matin , nous prenons le cap vers tsarabanjina , avec un bon petit vent . Le hic , le moteur couine , Alain s’aperçoit que la courroie semble détendue . Il faudra vérifier . Une fois la bas ,Le mouillage est à première vue paradisiaque , l’île hôtel ( spéciale pour les riches ) offre une vue idyllique avec sable blanc .

Nous partons en annexe pour une mini exploration orientée directement vers le buffet du restaurant au chef français réputé .

Après avoir remplis copieusement et gratuitement nos ventres suite à un quiproquo en notre faveur au moment de la note ( la chance je vous dis 2 bons repas pour le prix de 2 bières ), nous regagnons rapidement la plage si calme au départ où nous avons laissé l’annexe car le jardinier de l’hôtel a signalé que les annexes avaient été ébranlées par une vague .et la , oh surprise , l’annexe est en vrac , une rame , une ecope de perdue , la mer est bien agitée , il y a du roulis . C est tout un beans pour repartir et ensuite remonter à bord. Nous passons une très mauvaise nuit , secoués dans tous les sens . D’ailleurs certains bateaux sont carrément partis dans la nuit . Très tôt le matin , c est un peu moins agité. Alain retend la courroie pour enchaîner avec un départ à fond la caisse . Une fois en Mer , c est moins pénible . Notre gros pepere aime le vent , ça roule sous voile , avec minimum de moteur pour l’arrivée en fin de journée à un mouillage paradisiaque , sans houle . Enfin une bonne nuit de repos .

Au petit matin , l’eau est si claire qu’on peut voir les fonds lors du petit trajet en annexe vers la plage que nous avons choisie pour le yoga . Il y a pas mal de corail , genre grosse patate . Nous accostons près d’un hôtel qui semble à l’abandon même si une famille malgache vit sur une partie du site . Encore une fois la barrière de la langue empêche la conversation , la jeune fille indique que le village est sur la plage suivante.

Nous passons une bien belle journée dans ce coin paisible , à nettoyer le bateau et à ranger . Alain vérifie la courroie du moteur , ça semble tenir.

Mais dans la nuit, un bruit nous réveille , avec la marée basse , le bateau a tourné et le safran se bloque sur une patate de corail . Branle bas de combat , Alain réussit à remanier le safran et prend la décision de bouger le bateau pour éviter des problèmes au moment le plus bas de la marée. Nous voici à manœuvrer en pleine nuit , encore un truc qu’on avait jamais fait !

Tout se passe bien , nous retournons dormir après avoir mouillé à quelques mètres . Pas le temps de s’ennuyer à bord de cuba libre 6!

On est un peu vaseux au réveil pour partir explorer les plages voisines à la recherche du village pour acheter ce qu’on trouvera : tomates , oignons , parfois mieux .

Le premier arrêt est une crique privée avec un resto de plage ( avec douches et transat ). Le staff est souriant , ambiance sympa ,nous réservons pour le lendemain. le village est plus loin . De crique en crique , nous découvrons ces beaux rivages , quelques bateaux sont à l’ancre , la marée découvre assez loin quand elle est basse , les tortues nagent paisibles , même si nous sommes légèrement éloignés du village , nous décidons de rester quelques jours .

La rencontre sympathique avec Moumin qui tient une gargote toute mignonne à bord de plage au village de ampasimena nous motive pour proposer une représentation de Mélodie Solaire .

Nous revenons le soir, dinner de bric et de broc dans sa gargote , faire une virée à l’unique boîte de nuit du village ouverte de 20 h à minuit . J n’ai regretté d’avoir laisser le téléphone à bord , ça valait le coup d’œil cette discothèque de brousse . Elle appartient au chef du village , absent pour le week end .

Nous avons passé une belle soirée atypique .

Le lundi matin , avec moumin , nous allons à la rencontre du chef , qui nous reçoit sur une des vieilles tables de la discothèque . Il écoute nos explications , demande si nous pouvons faire un papier , mais oui bien sûr , quel papier ? C est Alain qui rédige pour tous une autorisation à nous produire que le chef tamponne scrupuleusement des seaux du fonkontany : comité du village . Puis , il nous regarde en souriant pour réclamer la somme de 10 000 ariarys de frais de tampon !

La, je lui demande que va donc faire le comité de cette somme ? Je lui explique aussi que nous refusons de payer quoi que ce soit alors que nous jouons le spectacle gratuitement et qu en plus nous offrons également des lampes solaires aux enfants , chaque lampe ayant plus de valeur que 10000 ariarys . La vidéo et les photos aident à le convaincre , nous repartons avec le papier , la date est fixée à mercredi ! Une fois de plus , nous sommes bien surpris de cette réaction , sachant que le chef ne sera pas là mercredi nous espérons qu’il va prévenir les familles avant son départ de l’île .

Moumin nous raccompagne à l’annexe, c est avec lui que nous fixons le rdv pour le premier atelier avec les enfants .il sera notre traducteur , avec sa mère qui est la .

Au premier atelier , 25 enfants sont au rdv . Plusieurs sont trop petits pour participer , il est bien difficile de les exclure du jeu . 2 ou 3 mamans sont là .les enfants participent avec entrain aux propositions artistiques , le moment du rock est ici aussi très festif .

Le dinner du soir , seuls clients du cabanon de Moumin est un moment bien sympa .

Le jour du spectacle , nous débarquons en annexe avec tout notre bazar( sono , costumes , lampes , tapis ) un peu en avance pour organiser la dernière répétition avec les enfants . Ils sont tous là à nous attendre . Le cadre est chouette mais le sable reste un sol pas simple à gérer pour les appuis . Les enfants portent au visage de jolis dessins de poudre de santal, c est la sœur de Moumin qui a maquillé chaque jour toute l’équipe de gosses .

À l’heure du spectacle, très peu de parents sont présents .

C est avec les enfants que Mélodie Solaire est une fête , bien sûr la distribution surprise des lampes ( avec la complicité de Moumin qui a été un vrai relais pour nous ) déclenche des cris et des commentaires .

Après la représentation , nous nous dépêchons de ranger au maximum afin de retourner à bord avant la nuit .

Encore une fois , notre joie est de voir courir des petites lampes qui clignotent à la tombée de la nuit .

Après chaque spectacle , il nous faut une bonne journée de repos avant de reprendre la mer .

Nous passons récupérer le reste du matériel chez Moumin, également faire un tour dans le village pour voir si les lampes chargent et aussi tenter de demander à deux ou trois d entre eux ( comme le marchand de la boutique , celui qui lit le dictionnaire couché sur un banc ) pourquoi ils ne sont pas venus . Les réponses sont évasives : le manque d’habitude , le fait que les gens travaillent …

Il nous faudra une discussion animée avec Moumin pour apprendre qu’il y a aussi d’autres raisons : la jalousie vis à vis de lui et de sa famille car ils viennent de monter cette gargote tournée vers le tourisme , la méconnaissance mais aussi le rejet des Vahazas .

Chaque expérience de Mélodie Solaire est un apprentissage nouveau . C’est riche de se frotter à la rencontre , aux différences culturelles .

Ce qui est international c’est la joie des enfants à jouer avec nous dans un premier temps , puis ensuite quand ils reçoivent la lampe en surprise finale .

Promis nous reviendrons l’an prochain voir si les lampes courent sur la plage les nuits sans lune ! Au revoir Sacatia , dans les séries des mouillages de rêve , tu mérites bien ton 8 sur 10!

Demain , retour à cratère pour refaire les pleins !

Grande mitsio…drôle d’étape

Grande mitsio : une étape spéciale

Après le passage presque obligatoire du ravitaillement , nous avons mis le cap vers le nord, avec une première escale à Nosy Faly où nous restons une seule nuit malgré la beauté du site, la qualité du mouillage prime sur la vue !

Direction les mitsio , un archipel au nord de Nosy be , réputé plus sauvage , mais aussi plus au vent avec la proximité du cap d’Ambre . Les navigations sont plaisantes , avec le changement de sens du vent chaque jour. À l’approche de l’archipel , le vent monte mais la large baie de la grande mitsio ( la plus grande des îles ) offre un mouillage abrite .

Le premier jour , nous repérons l’emplacement du yoga , histoire d’établir la base . Nous choisissons un bel endroit propre où l’ombre est la de bon matin . C est chez Marcelin , entre les bungalows qu’il aménage pour accueillir prochainement les touristes de passage ( soit des voiliers , soit des pêcheurs à la saison de fly fishing ).

Il parle suffisamment le français pour une conversation simple .

Et c est un des rares avec qui nous pouvons échanger . C est gentil de sa part de nous laisser pratiquer le yoga mais aussi de nous proposer d’utiliser le puits pour faire la lessive .

La balade dans les deux hameaux de cette immense plage nous laisse un sentiment mitigé , l’accueil est froid , est ce la barrière de la langue ? Nous parvenons tout de meme à acheter des œufs , des citrons et des tomates . Ce village est très pauvre , presque sale , il y a un côté abandon ou sauvage . Très peu de gens sourient ou parlent français . Nous revenons vers le terrain bien aménagé de Marcelin pour lui poser quelques questions sur le lieu et voir si il est envisageable de présenter Mélodie Solaire .nous rencontrons Paul et sa femme Béatrice , voisins de Marcelin. Paul propose de faire quelques courses pour nous si besoin au village qui se trouve au centre de l’île . Il est pêcheur . Sa cabane est derrière un immense algeco abandonné . Il parle très peu le français , assez pour de menus services .

Tous ont l’habitude du passage des voiliers . Ils savent ce qu’il est possible de vendre ou de troquer . En discutant avec Marcelin ( très actif à aménager seul son terrain ) nous apprenons que l’école a brûlé . Nous lui demandons de nous présenter le chef du village pour parler de Mélodie Solaire et si il peut être notre traducteur . Avec lui , nous traversons l’autre hameau , tout aussi pauvre , la misère saute aux yeux . Du charbon de bois , pas d eau , pas de sanitaires , pas d électricité , quelques panneaux solaires , de la poussière , quelques poules , canards ou chèvres , peu de zébus. Les cases en bois sont des plus simples. Le chef est sous le plus gros arbre à bricoler sa belle pirogue . Il est silencieux . Voir taciturne . Marcelin traduit , la réponse est qu il sera absent . Tout le monde écoute de loin la conversation . Il dit qu’il va réfléchir à comment informer les enfants mais nous sentons qu’il manque d’intérêt face à notre proposition . Sur le chemin du retour vers l’annexe , Marcelin insiste lui en disant que lui meme va informer les enfants , que l’atelier et le spectacle peuvent avoir lieu devant chez lui . Nous le questionnons sur l’école et il explique qu’elle a été brûlée par un des villageois. Que c’est lui qui a fait venir la police mais que le criminel est à ce jour impuni. Cette école avait été construite par le vahaza qui possède le lodge à l’autre bout de la plage. C’est un établissement saisonnier ouvert uniquement à la saison de la pêche .dommage que nous n ayons pas rencontré le propriétaire actuellement absent . Sa version des faits aurait été utile ! nous avons du mal à comprendre exactement le pourquoi du comment au sujet de cet incendie criminel .

Depuis , il n’y a plus d’école . Plus de dispensaire non plus , c est à cause de cela que l’Algéco est la , telle une verrue . Les médecins qui venaient chaque année bénévolement soigner les habitants de ces villages isolés ( 7 en tout sur cette île ) sont maintenant trop âgés pour naviguer . Personne n’a pris la relève …à plusieurs reprises , Marcelin insiste avec des mots simples sur le manque d’éducation même basique dans cette île . Il déplore que l’isolement rende les gens repliés avec très peu sachant lire ou écrire , sans aucun accès aux soins ou autre . Pour lui , l’avenir passe par l’ouverture . Il a hérité de ce terrain mais il sait que lui même est considéré comme l’étranger ici .

Nous sentons bien que les étrangers sont tolérés seulement !

En rejoignant l’annexe , nous rencontrons deux couples arrivés avec leurs voiliers . Ils font le tour du monde depuis plusieurs années , chacun est ravi de discuter un moment des bateaux , des mouillages … et chacun repart à son bord !

Le soir , nous discutons de ce village moins sympathique que les précédents . La décision est la suivante : si des enfants viennent au rdv , on y va !

Le lendemain , au moment du yoga , nous remarquons le départ de la pirogue du chef et aussi le passage d’une procession . Marcelin explique que c’est un mariage . Nous lui demandons si c est ok avec le chef et les enfants , il dit que oui moui… bref , si en plus , y a un mariage , sans la présence du chef , ça risque de compromettre nos projets . On verra bien a l’heure dite du premier rdv .

Marcelin et Paul sont la, avec une quinzaine d’enfants . Tout le monde est assis pendant que Marcelin et Paul traduisent . Au loin , vers le bord de mer , de jeunes adultes éméchés gueulent des propos qui nous semblent désagréables , violents voir injurieux en passant devant les enfants et nous .les cris arrêtent la séance d’atelier qui venait à peine de commencer ! Les enfants restent muets , nous demandons explication aux nos traducteurs après le passage de cette bande de jeunes bien remontée . Marcelin bafouille et nous prie de ne pas tenir compte de l’esclandre , face aux regards des enfants , nous décidons de poursuivre comme si rien ne s’était produit ! Paul fait des photos des enfants , traduit de son mieux mais le langage corporel fonctionne sans mots .

Après la séance , nous fixons le rdv à la même heure pour le lendemain avec la demande que chaque enfant vienne avec un petit bateau soit en papier soit en bois . Paul et Marcelin traduisent , une ou deux mamans étaient là mais la plupart des enfants étaient seuls .

Le soir , à bord , nous discutons de cette situation imprévue . C est à se demander si ça vaut la peine de proposer quelque chose , est ce que nous sommes à notre place dans ce type de contexte ?

Il est vrai que l’orientation de notre voyage en voilier nous confronte à un autre type de rencontres . Nous aurions pu simplement naviguer en touristes sans créer cet échange supplémentaire . Et éviter de se sentir rejetés dans une démarche empathique , ludique et amicale .

Le rejet , le racisme sont alimentés par l’ignorance et la peur dans tous les pays du monde . Ça laisse un goût amer alors qu’on espérait un accueil plus sympathique . Pensons aux enfants , gardons l’optimisme !

Le lendemain , les enfants sont là pour la répétition qui s’enchaîne en direct avec le spectacle .

Chaque enfant est la , avec son bateau ! Ça fait chaud au cœur . La répétition se passe très bien , le rock est un succès , tout le monde s’amuse .

Nous avons simplifier la mise en place du spectacle en diminuant le nombre de guirlandes de lampes solaires et de tapis de yoga , cela simplifie l’organisation en amont mais aussi après lors du rangement dans l’annexe .

Quand Alain branche la sono , tout le monde est épaté par cette sono mobile .

À l’heure de la représentation ( c est à dire quand on est prêts , il est impossible d’attendre la tombée de la nuit , nous jouons plutôt vers 16h30) , peu de parents sont là , par contre , deux couples voyageant en voilier sont la . Alain était aller inviter les bateaux ancrés dans la baie .

Et c’est parti ! Les enfants sont ébahis de nous voir faire les acrobaties Meme si certains d’entre eux avaient épier de loin nos entraînements matinaux ! La surprise est générale pour le peu de public présent .

Le final , avec la distribution des lampes solaires en cadeau est un beau moment émouvant .

Après le spectacle , nous discutons avec Marcelin , avec les touristes en provenance de Hollande et du Canada .

Il faut cependant ranger rapidement afin de rentrer à bord avec l’annexe chargée à bloc .

Après avoir tout rangé , la pause apéro sur le pont est la bienvenue ! Que d’émotions ! Les yeux illuminés des enfants et surtout la balade de deux petites lumières sur la plage dans la soirée nous ont redonné la foi en ce projet !

Aujourd’hui encore , une bonne vingtaine de lampes vont éclairer un peu cette précarité presque primitive d’une enfance en brousse . Espérons que ces lumières restent en possession des enfants .

Le jour suivant est consacré au repos . Nos courbatures vont avec nos âges , le matin les étirements sont simples mais indispensables . Nous profitons pour dire au revoir à Paul et à Marcelin en précisant que nous repasserons l’an prochain . Le couple de hollandais au très beau bateau nous a acheté une lampe pour soutenir le projet et les canadiens sont venus nous donner deux lampes solaires à offrir ( un modèle différent ), les photos et vidéos du spectacle . C est vraiment super de se sentir soutenus par d’autres voyageurs de passage . C’est bien sympa d’échanger avec Ces couples de navigateurs croisés lors des escales , nous les reverrons certainement en chemin .

Il est temps de reprendre la mer à bord de notre escargot vers un autre mouillage . Demain , la navigation va à nouveau nous porter vers une étape inconnue .

Au gré du vent , notre gros bébé nous embarque à son bord .

Toutes voiles dehors !

Happy day

Les tribulations marines et tropicales d’une cinquantenaire en formation continue de yogi itinérant embarquée de son plein gré par un capitaine tromboniste, la veille de son anniversaire !

Ca pourrait être le titre tarabiscoté d’une histoire inspirée de faits réels , romances à souhait pour intéresser les curieux …mais c est une manière de décrire au mieux cette pulsion d’écriture qui me pousse à publier sans faiblir nos aventures marines ,artistiques et yogiques !

Il est bien délicat de nos jours d’espérer des likes avec des mots , encore plus avec des récits , courtes histoires périmées d’une apprentie de la mer ayant dépassé l’âge de jouer à la bimbo !

Dans ce siècle ou les images attirent plus que les histoires , il faudrait plutôt envisager une formation du genre ; je monte mes films en calendrier ou en giff , ce qui ferait monter la côte des pouces sur notre blog .

Comme le titre l’indique , les outils informatiques sophistiqués sont pour la génération des nos enfants .

Je rêve encore aux beaux carnets de voyage en papier, de correspondances au long cours alors qu’un smiley est le truc à kiffer !

Le paradoxe de la cinquantaine bien entamée est un révélateur parmi tant d’autres d’un décalage certain quand on avance doucement mais sûrement vers une préretraite ou le voyage dépassant 3 mois et le manque de réseau crée dès le départ une distance plus ou moins longue , en fonction des escales.j’avoue apprécié vos messages , commentaires , pousse levés ou coeur avec une grande joie similaire peut être à ce que devais ressentir les grands aventuriers à la réception d’une carte postale écrite à la main !

Si cette aventure marine est pour moi le truc parfaitement extraordinaire à vivre , je suis bien consciente que le voyage en mer est en fait une banalité vécue simultanément par pleins d’autres couples . Pourtant j’ai encore envie de m’émerveiller de ces heures à vivre à bord , de ces escales étonnantes , de ces nuits étoilées sous le vent . De faire comme si j’étais jeune et que j’avais la vie devant moi .en mode : la jeunesse est éternelle .

Si je suis très optimiste , voir utopique , je peux nous imaginer centenaires comme ces grands maîtres yogis que l’on voit en vidéo sur la toile ou qu’on peut suivre sur Instagram dans des postures que nous mème à la cinquantaine bien tassée ( il faut se le répéter pour l’admettre ) nous sommes incapables de tenir .

Si je suis plus réaliste , je peux envisager encore une bonne trentaine d’années devant nous sur les chemins parallèles du yoga et de la mer .

En conséquence , ils est possible de prévoir sur ces décades de faire un tour du monde , d’améliorer sa qualité de vie en prenant de soi. Des autres . De la planète . De lire des centaines de livres , de cuisiner des milliers de plats , d’apprendre un truc nouveau. Bref , comme avant en fait . Sauf que la , il y a à la fois urgence et lenteur .

En écoutant mon capitaine joue seul du trombone ou chanter à tue tête dans le cockpit , je divague en chapelets de paroles , explorant les recoins de la mémoire flirtant avec l’amnésie à imaginer des nouvelles , des scénarios ou des titres de romans jusqu’à ce que le côté rationnel de mon cerveau me dise : et si tu postais deux trois belles photos ?

Ah que j ‘aimerai avec cette grâce innée ,formuler avec humour des billets d’humeur joyeux mais toniques !

Avec des sujets vifs , drôles mais construits .

D’ailleurs , quel serait le bon sujet du jour ?

La description d’une navigation ou d’un village ? Une recette de cuisine avec 3 fois rien ? Une pensée genre “ good is always good “ de type yoga et Philosophie ?

Une anecdote sur notre quotidien à bord ?

Une blague ?

Un smiley ?

Un poème du style :

“À travers les vagues sonores je perçois la solitude du tromboniste dans son cock pit ou les bouts roulent à ses pieds. “

Une intrigue policière pour collection jeunesse moins de 12 ans : qui a volé les tortues de l’île dorée ?

Une balade dans la science fiction ou Madagascar serait une des dernières îles vertes dans un futur trop gris ?

Je peux m’ en tirer d’une pirouette en vous demandant à vous lectrices et lecteurs de me glisser votre sujet préféré ?

Ou faire la girouette ,mentionnant l’ivresse d’un thé vert trop fort qui aurait altéré mon mental …

Je vais choisir une révérence magique :

Abricadabri abricadabra Vogue Cuba libre 6 vers de nouvelles aventures solaires du futur !

Om

De plus en plus lent , petite pensée du voyage

Une décroissance enchantée

Souvent , pendant les navigations , j ai cette sensation d’explorer concrètement une décroissance enchantée . Plusieurs paramètres me semblent identiques entre la navigation et le yoga , les deux favorisant une exploration du vide , du lent , de l ‘introspection .

Vivre sur le bateau , avec l’orientation choisie conjointement , est une source de déconnection et de décroissance volontaire . Le superflu disparaît au fil des mois passés à bord .

L’horaire de vie s’accorde avec le soleil , avec la lune , avec le vent .

La nature influe directement sur nos jours , aussi sur nos nuits .

Après plusieurs mois , notre vie est la . Pausee , rythmée par les marées .

Cet isolement de fait ( plus d’internet, pas de téléphone, peu de correspondance. Qu’ il est loin ce temps où les lettres attendaient dans les postes restantes )instaure une autre manière de plonger au présent dans chaque jour qui passe . Lire , écrire , faire la lessive à la main , les corvées du bateau , partir en annexe au village pour le yoga matinal , ou encore cuisiner , jouer de la musique , tout ceci occupe pleinement nos journées sans interférence extérieure . Pas de tv( j avoue : nous regardons parfois un film sur la tablette ) , pas d ‘écran donne une autre sensation de voyage . En fermant les yeux , je pourrai presque me croire au temps des explorateurs du siècle dernier , ceux dont les récits d’aventure nous donne envie de prendre le large !

Jé m’imagine écrivant dans de beaux cahiers , avec quelques croquis .

À chaque escales

Nous avons quelques échanges avec les habitants du village , si il est possible de parler français. Le peu de mots en malgache que je connais sont insuffisants pour une conversation

À chaque mouillage , nous troquons , achetons avec les pêcheurs à s’adaptant à leur offre . Les cadeaux sont très apprécié . Les pirogues passent nous voir à bord selon les marées ,nous avons toujours un moment d’échange après le yoga . Dans chaque village , les gens nous ont accueillis avec bienveillance pour la pratique , sans nous déranger même si de loin , chacun observe , commente . Souvent les enfants refont nos mouvements derrière un arbre ou une pirogue .

Ralentir est un processus en devenir . Lentement , ça bouge nos limites , nos idées, nos valeurs .

Voyager en voilier permet cette richesse de se dire que changer c est avancer , prendre le temps d’expérimenter autre chose que ce que l’on connaît , c est évoluer .

Tranquillement , se débarrasser du superflu pour aller tendrement vers une décroissance enchantée

Melodie solaire à baramamay

Baramamay

Ça fait déjà 4 jours que nous mouillons dans l embouchure d’une rivière , près du village de baramamay . Ce mouillage est fréquenté autant par des boutres ( certains pour de la marchandise , d autres pour les passagers ) et des pirogues que par les bateaux charters ( souvent de gros Katas qui restent une nuit ).

Dès notre arrivée nous avons rencontre Daniel , l’instituteur – il assure la classe avec l’aide d’une ou deux mamans – et Ravola , le responsable du puits et de la minuscule bibliothèque du village ( seule maison en dur ).avec eux , nous visitons les lieux en proposant de jouer Mélodie Solaire et d’animer des ateliers pour les enfants de 8 à 11 ans .

Les enfants courent autour de nous ou veulent nous donner la main . Très peu parlent français . Davila , la petite métisse du village , parle suffisamment pour aider à la traduction lors des ateliers .

Nous demandons si il est possible de faire les pleins d’eaux : le puits a été installé ici grâce à l’association. Ranomamy, ce qui veut dire eau douce . Ce programme d ong vise à fournir l’eau potable dans de nombreux villages de pêcheurs isolés comme celui ci .

La bibliothèque elle a été offerte par une autre association ose , qui vient de la réunion .

Le rdv est pris pour le surlendemain avec les enfants et nos deux traducteurs .

De retour à bord , nous élaborons notre programme qui va aboutir au spectacle après 3 jours d’échange .

Une routine s’instaure : yoga matinal dans la case abandonnée sous les cocotiers , balade dans le village pour acheter selon les jours crêpes locales ou une espèce de gâteau sec , du savon et de la lessive . C est la femme de Daniel qui s’occupe du linge . Retour à bord : cuisine, ménage , musique et couture , sieste et retour à terre pour l’atelier . Les enfants sont au rdv ça crie ça braille ça rit ! Nous avons du mal, malgré l’aide des deux acolytes à garder le groupe sans que les tout petits ne soient pas en plein milieu , il faut aussi traduire , prendre en compte que les enfants n’ont jamais fait aucune activité de ce genre . C est folklo mais ça fonctionne tant bien que mal , tout le monde s’amuse . Le deuxième jour d atelier se déroule sans problèmes , cette fois c est ravola qui nous accompagne car l’instit est parti en boutre dans la nuit pour faire passer l’examen d’entrée au collège à Nosy Be. Les mamans sont assises au loin avec les petits . La sono fait tout son effet !nous stockons une partie du matériel dans la bibliothèque pour le spectacle du lendemain . Tout le monde a bien ri dans le passage rock en roll .

Le jour j , les enfants nous suivent dès le matin , ils sont impatients . La mise en place , devant la maison du chef , se fait avec tout le monde qui regarde tout et la horde d’enfants qui nous suivent pas à pas .

Quand nous sommes prêts , tout le village est là ! Le trombone , l acro Yoga et le passage avec les enfants sont des succès , ça commente , ça rit ! C est un super moment . Nous n avons trouvé personne pour filmer et les pauvres images de la go pro sont de basse qualité . Les enfants sont super contents avec la surprise du cadeau en lampe solaire que nous avions tenu secret . C est le succès .

Ravola et rasta man le pêcheur nous aide à ranger après la représentation . À nouveau la bibliothèque nous sert de lieu de stockage .

Ç est le cœur plein d’émotions que nous regagnons notre bateau bien fatigués mais ravis de cette première à mada . Tant de mois de préparation qui aboutissent enfin .

Le lendemain , nous récupérons notre matériel , Ravola nous offre des choux de Chine de son potager , une maman qui avait 2 fils dans le spectacle nous offre des bananes et du gingembre . Ces cadeaux sont les bienvenus .nous avons apprécié l’ échange .

En tout une vingtaine de lampes ont été offertes au village de Baramamay . Grâce à tous ces amis qui ont soutenu notre projet , les familles auront de la lumière le soir .

Promis nous reviendrons l année prochaine . Il est temps de repartir à bord de notre escargot flottant pour refaire les pleins de bouffe , aussi se reconnecter avec le monde … que du bonheur !